Entre l'UR Namur et l'Union belge , le bras de fer continue. La licence octroyée à Geel désormais suspendue, qui montera en D2? Ni Geel ni Namur?

Début juin, la saga de l'été dé bute. Lors de la première manche de la finale des barrages pour accéder à la D2, Geel s'impose 2-0 face à Namur et tente de cacher la vente de 2 000 places, trompant ainsi les Mosans (recette partagée), la Fédération et la TVA. Au match retour, les Campinois confirment (0-1) et gagnent le droit d'accompagner Tournai et l'Olympic dans l'antichambre de l'élite.

Mais la situation financière de Geel n'est pas nette (3 millions d'euros de dette). Or, le règlement de l'Union belge prévoit que l'accès en division 2 est subordonné à l'octroi d'une licence, décernée à l'issue d'une procédure d'agrégation qui porte notamment sur le respect de conditions administratives et financières. Le règlement stipule également que si le club en droit de monter n'obtient pas le précieux sésame, c'est le mieux classés suivant qui monte, à condition qu'il ait lui même obtenu sa licence.

À la date prévue, soit entre le 1er février 2007 et le 1er mars, Geel et Namur introduisent leur licence, examinée par la commission ad hoc. L'UR Namur l'obtient par une décision du 27 juin. Geel, à l'inverse, se voit refuser cette licence. Le vainqueur du tour final engage alors un recours devant la commission d'appel. Celle-ci réforme la première décision et accorde la licence à Geel.

S'estimant lésé, l'UR Namur introduit une première action en référé. Motif principal : «En appel, Geel a apporté de nouvelles pièces, plaide alors Me Misson, l'avocat du club wallon. L'Union belge est fautive, aucun document ne peut être versé au dossier entre la première comparution et l'appel. De plus, Geel, un club déjà rétrogradé l'an dernier pour avoir tenté de truquer des matches, est criblé de dettes».

Le tribunal des référés a statué sur cette action par une ordonnance prononcée le 16 juillet dernier. Ce jugement enjoint à la partie défenderesse, soit l'Union belge, de suspendre la décision prononcée le 4 juillet par la commission d'appel des licences et au paiement d'une astreinte de 10 000€ par jour de retard dans la mise en oeuvre de la décision.

L'Union belge prend acte de l'ordonnance, n'interjette pas appel, mais fait savoir, par courrier, qu'elle estime que la suspension de la décision octroyant la licence à Geel n'a pas pour effet d'offrir une place en D2 à Namur. Elle propose de recourir à la Commission belge d'arbitrage pour le sport (CBAS). «Un piège, réagit Misson. Ce tribunal n'est ni indépendant ni impartial». Namur a donc lancé une deuxième citation en référé car selon l'avocat liégeois : «Dans la lettre envoyée par M. De Keersmaecker à l'UR Namur, le règlement de l'Union belge est une nouvelle fois violé». Namur a donc demandé explicitement le droit de jouer en D2.

Hier, cette demande a été déclarée irrecevable. Namur a décidé d'aller en appel, avant de statuer sur le fond, en septembre. Mais le championnat de D2 débute le 15 août. Jean-Marie Philips, directeur général de l'Union belge, le sait mieux que quiconque : «Nous sommes dans l'impasse avec deux clubs bloqués en D3. Les effets de la licence de Geel sont suspendus et Namur n'a pas le droit de monter, ni judiciairement ni réglementairement. La D2 ne peut donc commencer qu'avec 17 clubs au lieu de 18».