L'orthographe revue et corrigée

La nouvelle orthographe est censée simplifier l'écriture. Mais on ne l'enseigne pas partout.

Depuis 20 ans, la nouvelle orthographe essaie de s'imposer . Un jeune professeur namurois publie un livre qui devrait vous aider à l'appliquer.

La nouvelle orthographe, c'est un peu comme la construction du nouveau stade national de football à Bruxelles : un vieux projet qui tarde à aboutir. Pourtant, 18 ans après la réforme de l'orthographe, les choses semblent tout doucement bouger.

En septembre dernier, nous vous indiquions que l'édition 2009 du Nouveau Petit Robert s'ouvrait à la nouvelle orthographe. Aujourd'hui, à l'occasion de « La langue française en fête », une deuxième étape est franchie avec la présentation d'un ouvrage pédagogique consacré à la question.

« La nouvelle orthographe en pratique » est le fruit de plusieurs années de travail et de passion d'un jeune professeur de français, Dominique Dupriez.

Au fil des ans, ce Namurois de 36 ans a compilé sur son ordinateur des dizaines de fichiers au sujet de la nouvelle orthographe. Jusqu'à finalement réaliser ce livre à destination du grand public.

Car l'objectif de l'auteur n'était pas de produire une oeuvre académique, complexe et finalement limitée à quelques spécialistes de la langue française.

Dominique Dupriez a voulu, au travers de son ouvrage, montrer que la langue française n'est pas immuable et qu'elle peut donc être modifiée, simplifiée comme l'indiquait d'ailleurs le linguiste Michel Masson.

« Une invention, c'est un moyen trouvé par les hommes pour améliorer leur vie et qui, par conséquent, peut à tout moment être remis en question, remanié, ajusté par des hommes . »

Influence des imprimeurs

Depuis toujours, des mots sont apparus, ont disparu ou ont subi une modification. Des changements orthographiques qui n'ont pas toujours été approuvés dans les sphères académiques.

Dominique Dupriez raconte ainsi que si le mot « évènement » est devenu « événement », c'est à cause des imprimeurs qui ne disposaient pas d'accent grave. Ils l'ont donc remplacé par un accent aigu.

À l'heure actuelle, des pressions de ce genre existent toujours. Le mot yo-yo, par exemple, selon les principes de la nouvelle orthographe, aurait dû s'écrire sans trait d'union. Mais s'agissant d'une marque déposée, le mot n'a pas pu être soudé.

Pour le Vatican, un seul Dieu

En ce qui concerne les prie-dieu, c'est cette fois l'Église catholique qui aurait fait pression pour qu'au pluriel, les prie-dieu ne prennent pas de « x ». Pour le Vatican, il n'existe en effet qu'un seul Dieu.

« Des pressions qui cassent l'harmonie », explique le jeune professeur. Car l'objectif de la nouvelle orthographe, c'est de simplifier la langue française et faire en sorte qu'elle ne constitue plus un obstacle pour ceux qui ne la maîtrisent pas totalement.

« Quelques fautes d'orthographe suffisent à rendre peu crédible, voire caduc un travail de qualité » observe Dominique Dupriez.

C'est donc en partie, mais pas seulement, à ces personnes que s'adresse ce livre qui, 240 pages durant, reprend les différentes rectifications orthographiques (dont nous reprenons ci-dessous les grandes lignes) tout en expliquant la raison de ces modifications et en proposant l'ancienne version qui reste toujours valable.

+ Notre dossier complet dans Vers l'Avenir, L'Avenir, Le Jour, Le Courrier
+ La nouvelle orthographe (2009), aux Éditions De Boeck/Duculot, 16€.