ASSURANCES

Chère assurance hospitalisation

Chère assurance hospitalisation

(photo Reuters)

Les primes d'assurance hospitalisation flambent. Test Achats s'oppose à un projet de loi qui conforterait ces hausses déjà « hallucinantes ».

Test Achats cite en exemple le cas de ce couple de personnes âgées qui a vu sa prime d'assurance hospitalisation Axa exploser de 430 à... 2 300€. « Depuis septembre, octobre, on constate des augmentations hallucinantes », explique Jean-Philippe Ducart, le porte-parole de l'association de consommateurs. Chez Argenta, les hausses se situeraient entre 100 et 300 %, et entre 30 et 73 % chez Ethias. Le service membre de Test Achats est débordé de témoignages.

Du côté d'Assuralia, la fédération du secteur, on ne nie pas ces augmentations, constatées aussi bien pour les assurances souscrites dans le privé (collectives professionnelles ou individuelles) qu'auprès des mutuelles. On les explique assez simplement : en juillet prochain, doit entrer en vigueur « l'index des soins médicaux » prévu dans la loi Verwilgen de 2007. Défini par le SPF Économie, cet index qualifié « d'objectif », basé sur l'évolution du coût des soins de santé, déterminera à l'avenir l'évolution des primes d'assurances maladie.

Rattrapage

Voyant arriver l'échéance, les compagnies d'assurances « se positionnent par rapport à ce futur index » en adaptant leurs primes. Certaines, qui n'ont pas procédé à des augmentations régulières, « font du rattrapage d'un coup », explique François Declippele, porte-parole d'Assuralia. D'où les hausses substantielles.

Test Achats conteste fermement une autre explication avancée par les assureurs : l'augmentation des coûts d'hospitalisation qui rendrait peu rentable cette branche d'assurance. Les honoraires médicaux et les suppléments hospitaliers en chambre à un lit n'ont augmenté que de 9 %, affirme Jean-Philippe Ducart. Qui souligne que seule Fortis Insurance réussit en partie à garder la situation sous contrôle, en indexant ses primes sur base d'une partie de l'index à la consommation.

Pour les assureurs, la loi Verwilgen a amené deux contraintes : le principe de la couverture à vie (on ne peut résilier le contrat) et l'obligation de ne pas refuser les maladies chroniques. Mais en vertu de la loi, le contrat ne sera reconnu incontestable que si les symptômes ou le diagnostic de la maladie ne surviennent pas dans les deux ans suivant la signature du contrat. À l'assuré la charge de la preuve, travers que Test Achats avale difficilement.

Le piège de l'âge

L'association constate également que certains grands assureurs proposent délibérément aux jeunes une prime de départ très basse, puis que cette prime augmente régulièrement une fois que le consommateur est trop âgé pour pouvoir changer d'assureur. Or, Test Achats s'oppose (comme elle le fait pour tous les types d'assurance) au principe « discriminatoire » des primes différenciées en fonction de l'âge.

Un principe que ne remet pas en cause la loi Verwilgen. Ni le projet de loi de « réparation » Reynders qui corrige quelques éléments du précédent et qui doit être voté cet après-midi à la Chambre.

Test Achats exige dès lors le renvoi en commission, pour examen approfondi, de cette législation Reynders qu'elle n'a pu voir infléchir via des amendements. À cette occasion, l'association remettra au président de l'assemblée une pétition de 40 000 signatures exigeant des primes « supportables ». « J'ai l'impression qu'on s'agite beaucoup autour de Fortis et moins sur certains projets importants qu'on fait passer en douce. Ce n'est pas innocent », note Jean-Philippe Ducart.