La méthode Leterme pose question

Tant au VLD qu'au cdH, certains doutent de la méthode Leterme. (photo Belga)

Le formateur Yves Leterme devrait proposer ce lundi aux négociateurs une "procédure" pour "entamer le débat sur les questions communautaires". Sa méthode, tout en précaution et parfois en passivité, suscite des inquiétudes.

+ Le commentaire de Pascal Belpaire : Raviver le désir
+ Suspendre les allocations de chômage?
+ Libéraux et sociaux-chrétiens divergent sur le fiscal

Tant du côté francophone que de l'Open Vld, on n'est pas très "chaud" pour se lancer dans cette question difficile. Les libéraux du nord et du sud voudraient d'abord y voir plus clair sur le plan économique et social.

Comme il l'avait annoncé, Leterme a eu des contacts bilatéraux avec différents partenaires à la discussion sur le volet communautaire. Jeudi matin il a eu un entretien avec la présidente du cdH Joëlle Milquet et jeudi soir avec le président du MR Didier Reynders. Il devait rencontrer les présidents du cartel CD&V/N-VA Jo Vandeurzen et Bart De Wever et puis le président d'Open Vld Bart Somers ce dimanche soir. Le formateur a aussi eu différents contacts téléphoniques.

Yves Leterme voudrait entamer la discussion sur le volet communautaire demain/lundi ou en tout cas faire une proposition de procédure pour lancer ce débat. Il proposerait de discuter par groupes linguistiques. Dans les milieux proches des négociateurs on s'étonnait dimanche que M. Leterme en soit toujours à faire des propositions de procédure.

"Lui, n'apporte rien", commentait un négociateur. "Ses contacts bilatéraux sont plutôt unilatéraux. Il laisse parler son interlocuteur et ne dit rien de concret", commentait un autre qui ajoutait que ce qui frappait c'était la passivité du formateur.

Outre la N-VA et sans doute le CD&V qui est lié au petit parti flamand nationaliste, les autres partenaires potentiels ne sont pas enthousiastes pour déjà se lancer dans la discussion communautaire alors que le terrain socio-économique est insuffisamment déblayé.Didier Reynders a déjà souvent dit et répété qu'il veut avant tout des garanties qu'il y aura une réforme fiscale significative sous cette législature.

Critiques du VLD et du cdH

Le CD&V a joué l'opposition pendant 8 ans en reprochant aux libéraux de l'Open Vld de ne pas mener une politique assez dynamique parce qu'il était en coalition avec le PS. Or, que constate-t-on maintenant? Le CD&V se comporte comme un parti de gauche et défend les thèses de l'ACV (la CSC flamande), commentait-on encore dans les milieux libéraux proches des négociateurs.

L'Open Vld n'a rien à gagner à se positionner sur la plan communautaire mais veut lui aussi des avancées notamment sur le plan fiscal, ajoutait-on. "Sur le plan budgétaire et fiscal, on a parfois l'impression d'être à table avec les socialistes. Yves Leterme va devoir remettre les pendules à l'heure", disait-on encore du côté libéral. Du même côté on remarque aussi qu'un des principaux problèmes du formateur est de ne pas avoir "une famille politique derrière lui".

Quant au cdH, il a déjà souvent répété qu'il lui semble inutile de discuter de réformes qu'on ne pourrait tout de même pas mettre en oeuvre puisque la majorité orange bleue ne dispose pas des 2/3 nécessaires pour toute réforme d'envergure. On y regrette aussi qu'on n'ait pas laissé suffisamment de temps à Jean-Luc Dehaene pour correctement déminer le terrain.