Ana et Angelica seront rapatriées ce lundi

Les initiatives des parlementaires et de Claude Lelièvre n'ont pas suffi. (photo Belga)

Le dossier d'Ana et d'Angelica Cajamarca, actuellement détenues au centre 127 bis, ne sera pas réexaminé. Toutes les procédures et les moyens de recours sont épuisés.

Le rapatriement en Equateur aura lieu comme prévu lundi, a indiqué dimanche l'Office des étrangers. Dans un communiqué, il rappelle la situation de ces deux Equatoriennes interceptées le 30 juin dernier à Dilbeek.

Des parlementaires ainsi que le délégué au droit général aux droits de l'enfant Claude Lelièvre, avaient rencontré cette Equatorienne et sa fille jeudi et vendredi au 127 bis. M. Lelièvre avait notamment appelé à surseoir à l'expulsion dans l'attente du rapport qu'il voulait rédiger sur la situation d'Angelica (11 ans).

Des organisations de défense des droits de l'homme avait appelé à une régularisation pour ces deux Equatoriennes. Ces appels n'ont pas infléchi la position de l'Office des étrangers qui avait déjà cité vendredi la date du 30 juillet pour le rapatriement.

Il s'agit d'un vol Bruxelles-Amsterdam, prévu vers 18H50 suivi d'un vol Amsterdam-Quito, a précisé Dominique Ernould, porte-parole de l'Office des étrangers. Mme Ernould ne pouvait préciser dimanche les mesures de sécurité qui seront prises pour conduire ces deux Equatoriennes vers l'avion.

En principe, lors d'une première tentative, la ou les personne(s) qui doivent être placées dans un avion ne sont pas accompagnées d'une escorte de deux policiers. En cas de refus d'embarquement, la personne est ramenée au centre fermé. L'Office des étrangers organise alors un nouveau rapatriement, éventuellement sous escorte de deux policiers fédéraux qui peuvent utiliser des menottes et qui effectuent le trajet jusqu'à la destination finale.

"Il est trop tôt pour dire les mesures qui seront prises lundi", dit Mme Ernould. Elle a confirmé que l'épouse du président équatorien, Rafael Correa, s'est bien rendue dimanche au centre 127bis où elle a rencontré Angelica et sa maman. Dans son communiqué, l'Office des étrangers rappelle qu'Ana Cajamarca et sa fille Angelica ont été interceptées le 30 juin par la police à Dilbeek. Elle a présenté un passeport équatorien, délivré en septembre 2001 et valable six ans muni d'un visa Schengen délivré par les autoriés allemandes et expiré depuis le 6 novembre 2003. Elle est entrée sur le territoire Schengen via Madrid, dit l'Office des étrangers.

Le 30 juin, l'Office des étrangers a délivré un ordre de quitter le territoire avec décision de privation de liberté en vue d'un rapatriement. "L'intéressée séjourne, en effet, depuis près de quatre années illégalement sur le territoire belge", motive l'Office des étrangers. Ces décisions ont été confirmées par la chambre des mises en accusation mercredi. L'Office rappelle que ces deux Equatoriennes sont restées illégalement pendant près de quatre ans en Belgique et que la mère n'a entamé aucune démarche pour régler sa situation de séjour en Belgique.

Elle serait arrivée en novembre 2003 avec son compagnon et leur fille. "Force est de constater que Mme Cajamarca, lors de son interception, ne donne aucune information relative au père de sa fille", dit l'Office, précisant qu'elle a cependant déclaré, devant le directeur du centre 127bis et l'ambassadeur d'Equateur, être séparée du père de sa fille et que ce dernier a eu deux enfants avec une autre femme. "Le père de la jeune fille est cependant vraisemblablement également en situation illégale sur le territoire, il devrait donc également rentrer dans son pays d'origine (de préférence sur base volontaire)", dit l'Office des étrangers.(Belga)