Ségolène Royal veut attaquer Paris-Match

Ségolène Royal veut attaquer Paris-Match

Ségolène Royal à la Une de Paris-Match.

Ségolène Royal s'est émue jeudi de la publication par Paris Match de photos la montrant au bras d'un homme, tandis que l'hebdomadaire appelait à "arrêter l'hypocrisie".

L'ex-candidate PS à la présidentielle s'apprête à assigner Paris Match en référé, a indiqué son avocat et ami Jean-Pierre Mignard.

Les photos ont été prises en Espagne. L'homme qui y figure auprès de Ségolène Royal est présenté par Match comme un éditeur de jeux de société, inconnu du public et étranger au monde politique. Outre la une, plusieurs clichés sont publiés en pages intérieures, dans le cadre d'un long reportage évoquant aussi la présence en Guadeloupe de la présidente de Poitou-Charentes.

"Ce sont des photos volées, une fois de plus. Ce serait pas dommage si on me laissait un peu tranquille", a déclaré Mme Royal lors d'un point de presse consacré à son plan énergie solaire régional.

"Ce n'est pas la première fois que Match a volé des photos, je les avais mis en garde mais je n'avais pas porté plainte, a-t-elle poursuivi. Comme ça recommence je pense que je vais faire appliquer la loi".

"Cela arrive en plus à un moment où il y a eu des événements graves en Guadeloupe et ça fait un peu télescopage", a-t-elle encore noté.

Ce type de publication a toujours lieu "dans des séquences politiques où Ségolène Royal intervient de manière significative", a aussi souligné Me Mignard, croyant déceler dans l'article du journal "une manière sournoise, insidieuse de vouloir la ramener à une sphère people", pour "dégrader son image de dirigeante politique".

"C'est une stratégie qui ne s'avoue pas mais peu à peu se dévoile", a-t-il conclu, en promettant de "ne pas laisser passer".

Paris Match a appelé en réponse à "arrêter l'hypocrisie".

"Pourquoi les photographes bienvenus pour couvrir la présence de Ségolène Royal à Pointe-à-Pitre ne le seraient pas dans les rues de la station balnéaire espagnole?", interroge l'hebdomadaire dans une "mise au point de la rédaction" publiée sur son site internet.

"En apparaissant au bras d'un compagnon dans les rues de la station balnéaire de Marbella pendant les vacances scolaires, (Ségolène Royal) donne le signe qu'elle n'est plus seule et qu'elle est prête à ouvrir un nouveau chapitre de sa vie", estime Paris Match.

L'eurodéputé Vincent Peillon, proche de Ségolène Royal, a dénoncé pour sa part "un viol de la vie personnelle".

Mais, a-t-il ajouté sans citer de noms, "on a aussi la presse qu'on mérite parfois : on ne peut pas dire que la presse a tous les torts parce que je sais aussi qu'un certain nombre de responsables politiques utilisent la presse, y compris leur vie privée parfois, pour être présents dans les médias", a-t-il ajouté.

Selon M. Peillon, il y a "un mauvais procès qui s'instaure entre les journalistes et les politiques" et "les débordements viennent des deux côtés".