Le MR et LiDé ont déjà divorcé!

Didier et Rudy n'ont pas eu le temps de partir en voyage de noces. (photo Belga)

ANALYSE | Le mariage entre MR et LiDé n'a pas tenu plus d'un week-end! La fronde du MCC et surtout du FDF a eu raison de cette union.

L e mariage entre le MR et LiDé a tenu moins longtemps que l'éphémère union, en janvier 2004, de Britney Spears et de Jason Alexander! La chanteuse états-unienne et son ami d'enfance, unis à Las Vegas, s'étaient séparés au bout de 55 heures; Didier Reynders a annoncé hier, à 17h21, à l'agence Belga, qu'il avait reçu Rudy Aernoudt pour lui dire «qu'il valait mieux que chacun reprenne sa liberté». L'annonce de la présence du fondateur de LiDé à la troisième place de la liste européenne du MR avait été faite samedi à 15h30 : le mariage de raison entre les deux formations politiques n'aura donc duré, lui, que 49 heures et 51 minutes. Retour sur une tumultueuse séparation.

1. La ruade du FDF. Vendredi soir, au sein des instances du MR, les représentants du FDF se sont abstenus sur la question de l'accueil de Rudy Aernoudt. Didier Reynders pouvait donc légitimement compter au moins sur leur tacite approbation. Or, le même soir, l'attaché de presse du président du FDF, Olivier Maingain, fustigeait le fondateur de LiDé dans le mensuel du parti, dont il est rédacteur en chef. Et hier, dans une interview au «Soir», Olivier Maingain lui-même décrétait que «si le MR privilégie le bout de chemin avec Aernoudt, ce sera sans le FDF!»

2. Le dérapage d'Aernoudt. Pourquoi ce revirement? Olivier Maingain réagissait, disait-il, à des propos tenus dimanche par Rudy Aernoudt sur le plateau de RTL-TVI. L'ancien chef de cabinet de Serge Kubla et de Fientje Moerman s'y déclarait hostile à l'élargissement de la Région bruxelloise et estimait la population francophone de Bruxelles à 36 %. «Des thèses typiquement flamandes» nous confiait, hier matin, le porte-parole du FDF, dont la cohabitation avec le fondateur de LiDé, même cantonné sur une liste européenne, devenait fort délicate, à une semaine d'un conseil général qui s'annonçait houleux.

3. Le retrait de Gérard Deprez. Hier matin, le fondateur du MCC, Gérard Deprez, privé de sa troisième place sur la liste européenne du MR, renonce à toute candidature, «ne pouvant cautionner la dérive droitière du MR». Des mots quasi similaires à ceux de la présidente du cdH, pour qui, avec l'arrivée du président de LiDé, le MR se positionnait «sur une ligne droitière». Mais pas question de rapprochement avec Gérard Deprez, son ancien mentor, précisait Joëlle Milquet dans la foulée.

4. Présentation annulée. La mauvaise humeur du MCC, et surtout la fronde du FDF ne laissaient pas la présidence du MR indifférente : la présentation conjointe par Didier Reynders et Louis Michel, tête de liste, de la liste européenne du MR, annoncée pour ce lundi, dimanche en début d'après-midi, est reportée d'une semaine, hier matin, sans la moindre explication. Jusqu'à ce que Didier Reynders fasse part de la dissolution de l'association entre le MR et LiDé. Parce que «je ne peux imaginer que l'arrivée de M. Aernoudt mette en péril l'avenir du Mouvement qui résulte d'un long parcours commun grâce auquel nous sommes devenus la première formation francophone» explique-t-il. Les partenaires reprennent leur liberté. Et doivent désormais faire oublier au plus vite un mariage «non consommé» soupire Rudy Aernoudt.

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