Un tiers des ados victimes de cyber harcèlement

(photo EdA - Jacques Duchateau)

Le chiffre est impressionnant : 34 % des jeunes sont victimes de cyber harcèlement. En cause : l'étalage de leur vie privée...

Un jeune sur trois (34,3 %) a déjà été victime de harcèlement sur internet; un jeune sur cinq (21,2 %) déclare en avoir été l'auteur... Tels sont les résultats d'une enquête réalisée par l'Observatoire des droits de l'internet auprès de 20 000 jeunes européens.

Photos sur un blog, mails d'insultes anonymes, fausses rumeurs, envoi de virus, le cyber harcèlement peut se traduire de diverses manières. Les formes les plus fréquentes? L'envoi de menaces et d'insultes, ou le fait de s'introduire dans la messagerie de quelqu'un et d'en modifier le mot de passe.

Angoisse et dépression

Ce cyber harcèlement peut avoir des conséquences tant émotionnelles (angoisse) que psychologiques (manque de confiance, dépression) pour les victimes. D'autant que celles-ci ont souvent peur de se confier. Par ailleurs, le harceleur, qui n'est pas facilement identifiable, ne réalise pas toujours l'impact de son geste.

Dans son avis, l'observatoire constate que les acteurs concernés (parents, enseignants, adolescents...) sont mal informés. Il recommande une plus grande sensibilisation à cette problématique et davantage d'actions de prévention.

Peu de contrôle parental

Le président de l'observatoire, Bernard Magrez, insiste également sur le rôle des parents, qui ne doivent pas «démissionner devant l'ordinateur. C'est en premier lieu aux parents de réguler l'accès des enfants à internet et au gsm.»Une enquête de Microsoft montre en effet que la moitié des jeunes (52 %) surfe sur internet sans aucun contrôle parental.

Autre problème : 48 % des jeunes ne verrouillent pas leurs données privées, et 37 % expliquent même avoir déjà mis des photos d'eux-mêmes ou des informations personnelles en ligne.

D'où ces conseils donnés aux parents à l'occasion du «Safer internet Day» : placer l'ordinateur familial dans un endroit central de la maison; interroger l'enfant sur ses activités en ligne; mettre en place des outils limitant l'utilisation d'internet; leur expliquer les dangers d'une mise en ligne de leurs données personnelles, etc.

Toujours dans le cadre du «Safer Internet Day» (soutenu en Belgique par Child Focus), une vidéo sera diffusée en télévision et sur internet afin de sensibiliser parents et enfants à cette problématique.

Soutenue par la Commission européenne, la campagne «Safer Internet Day» a lieu depuis 2004.

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