Ce documentaire est une claque, un exercice périlleux. Un film dont on sort ému mais où l'on trouve des pépites d'humour, des étoiles d'espoir.

Axelle, 10 ans, est atteinte d'une tumeur cérébrale. Elle a été opérée à l'Hôpital Érasme et suit maintenant un traitement de 8 cures de chimiothérapie. Comme Hugo, Kareem ou Victor elle en a assez des piqûres, de la chimio, des examens médicaux, de vomir... L'épreuve remet les valeurs de l'existence à leur juste place. La tumeur est une force biologique naturelle; la spontanéité de l'enfant en est une autre qui s'exprime avec une force sidérante.

«Ce film, je le trouve difficile mais revigorant au bout du compte. Il nous confronte à de vrais problèmes qui nous amènent à relativiser les nôtres», explique Vincent Detours coréalisateur avec Dominique Henry.

«Pour nous, Demain j'irai mieux est puissamment régénérateur. Le parcours est initiatique à bien des égards. On apprend que ce qui semble aller de soi, la vie d'un enfant, peut vaciller. L'ignorance irréductible de l'avenir conduit à vivre pleinement le quotidien. On éprouve les limites de son pouvoir, en même temps qu'on apprécie pleinement le pouvoir immense des baisers et des attentions les plus simples».

Victor aime bien venir à l'hôpital car là on s'occupe de lui. Sa maladie lui a permis de resserrer ses liens avec son frère Stanley et ses parents. «Avant, je restais seul dans mon coin. Maintenant je suis plus avec vous. je suis plus proche.»Les caméras ont suivi durant presque deux ans l'unité 67 onco d'Éric Sariban de l'Hôpital universitaire des enfants Reine Fabiola (Huderf). Ce médecin rebelle, humain et plein d'humour est le film rouge de l'action. Il annonce les mauvaises nouvelles, distribue les bonnes, accompagne, rassure, secoue...

Les souffrances qu'il côtoie, les drames humains auxquels il assiste ne le tourmentent pas, une fois la porte close, la journée terminée.

«Ça ne nous hante que si l'on sait qu'on n'a pas fait tout ce qu'on aurait dû. Quand il y a eu un couac dans la prise en charge... c'est ça qui mine vraiment. »Ce documentaire sera également diffusé sur Arte demain mardi, à 20 h 45.

La Une, 22.15