AFFAIRE RASMUSSEN

Il n'est pas bon d'être en jaune

Exclu des Mondiaux par sa fédération pour avoir «éludé» des contrôles antidopage, Rasmussen cristallise un conflit entre l'UCI et le Tour de France.

GED

Jeudi en fin de soirée éclatait ce qu'on appelle désormais «l'affaire Rasmussen», rapport à l'exclusion du coureur danois de son équipe nationale pour les Mondiaux de Stutt gart et pour les Jeux olympiques. Cette sanction a été prise par la fédération danoise parce que Rasmussen avait reçu un avertissement de l'UCI, qui n'avait pu localiser le coureur le 8 mai et le 29 juin derniers, alors qu'elle désirait le soumettre à des contrôles inopinés.

«Je n'ai rien fait de mal, s'est défendu Rasmussen, en précisant qu'il n'avait pas subi de contrôle antidopage positif. Je suis surpris que cela sorte maintenant. Il faut se poser la question du timing. J'ai admis avoir fait une erreur administrative. Beaucoup de coureurs ont reçu un avertissement semblable. C'est un cas parmi d'autres. C'est disproportionné.» Du coup, l'organisateur du Tour a permis à Rasmussen de poursuivre la course. Mais, chez ASO, via Christian Prudhomme, on accuse implicitement l'UCI, avec laquelle le Tour est en conflit depuis bientôt trois ans à cause de son refus d'intégrer le circuit ProTour.

Il y avait pourtant eu un accord de lutte totale contre le dopage, signé en mai, entre ASO, McQuaid, le président de l'UCI, et Patrick Lefevere, le président de l'association des équipes.

Mais, depuis juin, il y a comme de ces petites fuites de la part de l'UCI qui égratignent à chaque fois le Tour. Par exemple, lorsque Anne Gripper, manager antidopage de l'UCI, annonce que plusieurs analyses de coureurs susceptibles de bien marcher sur le Tour ont révélé des résultats anormaux. Un peu après, McQuaid remet en cause la crédibilité d'une victoire éventuelle d'Alexandre Vinokourov dès lors que le Kazakh a le médecin italien Michele Ferrari pour préparateur physique. On pourrait aussi ajouter au tableau l'annonce du cas positif de Sinkewitz, qui n'était plus sur l'épreuve. Et, enfin, l'affaire Rasmussen.

«Ce qui a été fait (concernant Rasmussen) ne l'a pas été pour discréditer le Tour, soutient le président de l'UCI. La Fédération danoise a appliqué son propre règlement.»

S'il n'a pas accusé nommément l'UCI, Christian Prudhomme a multiplié les questions à son encontre. Tout comme pour la fédération danoise, qui a accepté sans sourciller la présence de Rasmussen au départ du championnat national qu'elle organise, deux jours après l'avertissement reçu.

Le président de la fédération danoise, Tom Lund, a soutenu une position paradoxale. «Nous ne le soupçonnons pas d'être dopé, a-t-il affirmé d'une part. Mais... nous ne pensons pas que Michael avec son comportement soit à la hauteur.»

Quant au moment choisi, Tom Lund a invoqué une certaine pression des médias de son pays : «La chaîne de télévision publique danoise DR1 a eu vent de l'affaire et nous a interrogés. Quand on nous pose des questions, on n'a pas l'habitude de mentir.»

McQuaid réclame des excuses

Samedi, Pat McQuaid a mis en cause Christian Prudhomme, qui l'a appelé jeudi soir. «Il m'a parlé d'une façon agressive, et ne m'a pas laissé parler, disait McQuaid. Il m'a dit que j'étais en train de tuer le Tour de France. Je n'ai pas pu placer un mot. Je ne peux pas accepter ce genre de traitement. Parce que nous n'avons rien, absolument rien à voir avec ces nouvelles du Danemark. L'UCI a fait tous les efforts possibles en matière d'antidopage pour le Tour de France. On lutte pour aider le Tour de France et, maintenant, ils (les organisateurs) nous accusent. Je ne peux pas l'accepter, je veux des excuses.»

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