Rasmussen prend une sérieuse option. Elle gêne...

Boonen qui gagne vendredi pour la 2 e fois, Vinokourov qui domine le clm de samedi, et Rasmussen de plus en plus jaune. Bilan d'un week-end animé.

GED

En trois petites journées, le Tour a pris une tournure presque définitive. Depuis hier, Rasmussen apparaît de plus en plus comme un vainqueur final. Enseignements.

1. Le patron, c'est Rasmussen et la Rabobank

Deuxième hier au sommet du Plateau de Beille, alors qu'il avait sauvé son maillot jaune à Albi dans le contre-la-montre, surtout vis-à-vis de Cadel Evans, Rasmussen a assommé encore un peu plus ses adversaires. Bien aidé par Menchov, ancien leader de l'équipe, et Thomas Dekker, il a disputé la victoire finale à Alberto Contador. Au bout du compte, il ne reste plus que l'Espagnol comme seul danger, classé à plus de 2 minutes. « On a travaillé ensemble pour distancer les autres concurrents, concédait Rasmussen. On avait un intérêt commun à le faire. Mais il n'est jamais entré dans mes intentions de lui offrir la victoire d'étape. Si j'ai gagné le Tour ? Il reste encore deux difficiles étapes (NDLR : ce lundi, avec le Portet d'Aspet, le col de Menté, le Port de Balès et le Peyresourde, ce mercredi, avec arrivée au sommet de l'Aubisque) et je vis au jour le jour. »

2. Où sont passés les Astana ?

Vinokourov, par sa performance samedi dans le contre-la-montre d'Albi, était revenu à la 9e place du général. On pensait donc qu'il allait passer hier à l'attaque. Au lieu de cela, une grosse défaillance dans le col de Pailhères, après une chute, gêné par un spectateur, et des contusions multiples. Un jour sans ou un Tour à visage plus humain ? C'est comme on veut. Il a terminé hier à plus de 26 minutes. C'est fini pour le Kazakh, sans doute moins pour Klöden. Mais il faudrait un fameux concours de circonstances pour que l'Allemand coiffe Rasmussen sur le fil.

3. Adversaire le plus dangereux pour Rasmussen : Alberto Contador.

Le maillot blanc (moins de 25 ans) de l'épreuve a remporté hier sa première victoire sur le Tour de France. Cela suffit-il à son bonheur ? « Avec Rasmussen, on a parlé, collaboré, disait-il. Je lui avais demandé le gain de l'étape, sinon, je n'aurais jamais roulé avec lui. Au lieu de cela, il a voulu me lâcher dans le dernier kilomètre. Mais j'étais plus fort au sprint. Moi, je prends aussi jour après jour. » Celui qui a dédié sa victoire à son frère Raul, atteint d'une paralysie cérébrale, fera peut-être, avec son équipe Discovery (Hincapie a bien travaillé hier), payer tout cela à Rasmussen. Pourquoi Contador ne pourrait-il pas encore nourrir des ambitions, d'autant qu'il a devancé Rasmussen samedi à Albi?

4. Le rêve envolé des Predictor-Lotto et de Cadel Evans.

Hier matin, au village-départ de Mazamet, on a conversé avec Marc Coucke, l'administrateur-délégué d'Omega Pharma. L'homme, sans trop s'avancer, rêvait à une victoire finale de Cadel Evans, d'autant que le petit Australien était revenu à une minute de Rasmussen au général après Albi. On a vite déchanté : Evans a été largué dans la montée au Plateau de Beille. « Cette montée était très dure, admettait-il. Rasmussen est monté à une vitesse incroyable. Il m'a eu à l'usure. Je suis épuisé. Je pense que Rasmussen et Contador ont pris option. Le contre-la-montre de samedi ? On ne sait jamais. Mais il y a encore deux étapes dans les Pyrénées. »

5. Le malaise persiste sur le Tour de France.

Alors que Moreau et toute la France ont perdu le peu d'illusions qu'il leur restait (les Français se contentaient hier de la 20e place de John Gadret, c'est tout dire), les directeurs sportifs français continuent à mettre en doute les performances de Rasmussen. Mais qu'y faire ? Le Danois a subi des contrôles. Ils sont négatifs. Tout comme ceux d'un certain Riis en 1996...

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