Michael Rasmussen : un drôle de jaune

Michaël Rasmussen est en passe de gagner le Tour de France. Après un chrono d'enfer samedi, il a mis KO la plupart de ses adversaires hier.

GED

Il ressemble davantage à un gars qui sort d'une longue cure thermale. Le teint pâle, les traits tirés par une maigreur à faire envie à n'importe quel mannequin, Michaël Rasmussen ne s'embarrasse pas de relations publiques, encore moins d'un protocole qui le dérange. Il ne fait aucun cadeau et ne répond désormais plus aux questions ayant trait au dopage.

Même s'il est à la base d'une tempête médiatique autour de ses défauts de localisation, ce qui lui a valu un avertissement de l'UCI. Même s'il cristallise autour de lui le malaise ambiant entre le Tour et l'UCI, même s'il draine son lot immanquable de questions sans réponses.

Mais Rasmussen fait front, se joue de toutes les difficultés. Roule désormais comme un grand dans les contre-la-montre. Celui de samedi, à Albi, devait lui être fatal. C'est Vinokourov, vainqueur de cet exercice, qui est passé hier à la trappe à la faveur de la première escale dans les Pyrénées. Mieux, Rasmussen, après avoir enrhumé Valverde dans le contre-la-montre, en a remis une couche hier, comme dans les plus beaux jours de Lance Armstrong.

À quoi fonctionne-t-il ? Au moral ? Au culot ? Non, au muesli à l'eau ! C'est en tout cas ce qu'il ingurgite le matin. Cela lui a permis apparemment de disputer la victoire d'étape hier à Contador. Les deux hommes ont pactisé, pour écarter un peu plus du débat Evans, Klöden, Leipheimer ou Sastre. Mais, avec ce Danois en jaune, il n'y a pas de sentiment. Contador a-t-il travaillé de concert dans la montée du Plateau de Beille ? Il a pourtant dû sprinter pour aller chercher la victoire d'étape.

Voilà Rasmussen plus encore en jaune, peut-être jusqu'à Paris. Mais quel drôle de jaune. Qui ne fait aucun sourire. Dur au mal, dur à toutes les sollicitations. Tourné vers un seul but, la victoire finale. Tant mieux pour lui, tant pis pour nous. Armstrong, à côté de lui, nous apparaissait comme sympathique.

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