Après les Alpes, le Tour est remis en questions

Après les Alpes, le Tour est remis en questions

Toute la détresse de Vinokourov. (photo Reuters)

Mardi, Alexandre Vinokourov a probablement perdu le Tour de France. Du coup, des questions se font jour quant à savoir le nom du futur vainqueur. Analyse en huit questions.

GED

1. Klöden a-t-il désormais les mains libres?
Andreas Klöden avait promis d'aider Vinokourov à limiter les dégâts dans les Alpes. Hier, alors que son chef de file était en difficultés, Klöden a reçu son bon de sortie de la part de Kummer. Il est donc resté avec les favoris et son retard de 3'50'' sur Rasmussen en refait un des ministrables sur ce Tour. D'autant que l'Allemand est capable de mettre tout le monde d'accord ce samedi, à l'occasion du contre-la-montre d'Albi. Reste à savoir comment les Kazakhs de la formation (Kashechkin et Iglinskiy) se mettront à son service s'il devient leader du Tour.

2. Christophe Moreau peut-il gagner le Tour ?
À en croire les Français : oui, bien sûr. Même les anciens vainqueurs bleu-blanc-rouge y croient dur comme fer. À part un, peut-être moins aveuglé par le parti-pris franco-français que ses semblables. Pour Laurent Fignon comme pour la plupart des suiveurs qui ne jouissent pas de la nationalité française, c'est non. Le champion de France sera probablement un peu juste dans les chronos. Il doit donc prendre du temps à un spécialiste comme Klöden dans les montagnes. Mais, hier dans le Galibier, Moreau était trop court.

3. Qui est le leader de la Rabobank ?
Après sa mauvaise étape d'hier (32e à 4'33), Denis Menchov est dans une position délicate. Ses chances de succès final se réduisent : il pointe à 7'10 de son coéquipier et maillot jaune Michael Rasmussen. Faut-il en déduire que le Danois va devenir leader de l'équipe à la place du Russe ? C'est à Erik Breukink à répondre. Le directeur sportif de Rabobank peut attendre le contre-la-montre d'Albi, samedi, pour prendre une décision. Les passes d'armes entre favoris devraient être limitées d'ici là.

4. Cadel Evans peut-il entrevoir le podium ?
Le podium, oui, mais sans doute pas la victoire finale. L'Australien suit tout le monde partout, sans jamais faire la différence.

5. Quelle tactique adopter chez Discovery ?
C'est un peu un cercle vicieux qui se dessine du côté de chez Bruyneel. Alberto Contador, vainqueur de Paris-Nice, paraît toujours aussi costaud dès que la route grimpe. C'est lui le mieux placé au général, mais on connaît ses limites dans l'exercice en solitaire, au contraire de Leipheimer qui n'accuse pas non plus un retard insurmontable sur Rasmussen.

6. Chez Saunier-Duval, Mayo est-il une énigme ?
Iban Mayo est à une inattendue troisième place au général, due à sa performance lors de l'étape de Tignes, deuxième derrière Gerdemann. Mais l'Espagnol, 5e hier, peut-il poursuivre dans la régularité? Ou se contenter de coups d'éclat?

7. Y aura-t-il un Belge dans les 50 premiers ?
C'est pas gagné. Mario Aerts n'est pas loin du Top 50. Cinquante-deuxième, il a gagné trois places lors de la dernière étape alpestre. Le deuxième belge, c'est Axel Merckx (74e). Mais Top 50 ou pas, les Belges seront très loin au final. Qu'importe, finalement, tant qu'ils gagnent des étapes et nous ramènent le maillot vert. Tom Boonen semble d'ailleurs bien parti pour remporter le classement par points.

8. Où sont les Italiens?
« Pippo » Pozzato a remporté une étape. Heureusement pour le cyclisme italien. Mais l'arbre ne peut cacher la forêt. Certes, l'Italie n'est pas venue sur le Tour avec un favori. De là à retrouver le premier Italien à la 50e... C'est Dario Cioni qui est le premier des siens. Les Italiens attendaient certainement mieux des Savoldelli, Bruseghin et consorts.

Nos dernières videos