La victoire de Soler, c'est du soleil sur le Tour

La victoire de Soler, c'est du soleil sur le Tour

A 24 ans, Soler a dit qu'il était venu sur le Tour pour apprendre. Il a fait beaucoup mieux puisqu'il a gagné! (photo Reuters)

Mauricio Soler , par sa victoire à Briançon, a déjoué tous les pronostics. Ce Colombien succède ainsi à un certain Santiago Botero.

GED

Les coureurs colombiens se faisaient de plus en plus rares sur le Tour de France. Le dernier à avoir marqué l'épreuve de son empreinte se nommait Santiago Botero. Il l'avait emporté en 2002 aux Deux Alpes, et, deux ans plus tôt, à Briançon même. Hier, un de ses compatriotes, Juan Soler Hernandez, l'a imité dans le succès. Mais qui connaît ce garçon de 24 ans, engagé depuis peu par l'équipe Barloworld, dernière invitée au banquet du Tour de France?

Hier, ce Colombien a marqué un grand coup en lâchant tout le monde dans la dernière ascension de cette ultime étape des Alpes, la 9e de ce Tour entre Val d'Isère et Briançon. On savait que l'homme avait la grimpette facile, on savait moins qu'il était tout autant capable d'avaler les trente derniers kilomètres tout en descente vers Briançon à la vitesse d'un TGV.

Personne, alors que le vent soufflait de face, n'est parvenu à rejoindre ce Colombien, qui, tradition oblige, a dédié cette victoire à sa famille, mais aussi à Dieu et à la Vierge Marie.

«C'est un succès qui va marquer mon pays, souriait cet inhabituel grand Colombien. Sûr que c'était un rêve de remporter une étape sur le Tour. Mais pas cette année, où j'étais venu pour apprendre.»

Vainqueur du Circuit de Lorraine en 2006 et d'une étape du Tour de Colombie en 2005, Soler, hier, n'a pas suffisamment suscité la méfiance au sein de ses compagnons d'échappée, lancés à la poursuite de Popovych dans le col de l'Iseran. Soler basculait ainsi seul au sommet du Galibier, après six bornes de grimpette en solitaire, avec plus de 2 minutes d'avance. Derrière, ce furent pourtant Contador, Popovych ou Valverde qui organisèrent la poursuite. D'autant que les gros bras de ce Tour, avec le maillot jaune Rasmussen, sont parvenus à mettre cette fois Vinokourov définitivement hors-jeu. Cela donne ainsi une idée de l'exploit de ce Colombien, qui a franchi la ligne d'arrivée avec 38 secondes d'avance sur Valverde et Evans.

Issu d'une famille de cultivateurs de Ramiriqui, Soler, hier, a donné raison aux organisateurs du Tour, qui distribuèrent la dernière invitation à son équipe Barloworld. Le Colombien, par cette victoire, a aussi conforté son manager Claudio Corti dans son choix de récupérer ce diamant brut l'année passée chez Acqua e Sapone. «J'ambitionne dans quelques années de remporter le Tour» concluait-il. Si cela ne s'appelle pas de l'ambition.

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