De jaune en jaune, le Tour perd ses repères

De jaune en jaune, le Tour perd ses repères

(photo Reuters)

Gerdemann samedi, Rasmussen hier : le Tour change de maillot jaune comme de chemise. De quoi perdre ses certitudes. Analyse.

GED
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En un seul week-end, on a perdu tous nos repères sur ce Tour de France, toujours aussi ouvert après, hier, la victoire de Rasmussen et la prise de pouvoir éphémère, mais rafraîchissante, de Linus Gerdemann, samedi au Grand Bornand. Hier, le menu alpestre était plus copieux que celui de samedi, où la seule escalade, celle de la Colombière par son versant le plus difficile, avait accouché d'une souris. Au niveau des favoris, s'entend : Valverde, Moreau, Vino et Klöden, Evans, Schleck ou Menchov pouvaient toujours entretenir les plus gros espoirs de victoire.

On est passé à un niveau supérieur hier à Tignes. Mais les favoris se tiennent toujours dans un mouchoir. Certes, Vinokourov, attendu par Klöden dans la montée finale vers Tignes, a franchi la ligne avec plus de quatre minutes de retard sur Rasmussen, mais un peu plus de deux minutes sur les autres gros bras.

À ce sujet, Christophe Moreau s'est plutôt loupé tactiquement. Quand on est accompagné de garçons comme Mayo, Valverde, Schleck et Evans, on songe d'abord à collaborer et à tenter de mettre les Astana hors du coup. Au lieu de cela, le champion de France a placé mines après mines en totale inutilité. Il a terminé éprouvé, sachant pourtant qu'il fallait faire preuve de patience et attendre le bon moment pour lâcher ses compagnons d'échappée. Un coup dans l'eau donc pour le coureur français. Au contraire des autres favoris.

Hier aussi, cela a roulé vite pour les gros bras, alors que le grupetto a terminé une minute trente avant la mise hors délais.

McEwen hors délais

Stuart O'Grady, comme Rogers est tombé dans la descente du Roselend. Victime de fractures multiples aux côtes et d'un pneumothorax, il a été transporté en clinique et a aussi quitté le Tour.

Quant à McEwen, il a terminé hors délais, à plus d'une heure de Rasmussen. «C'est ainsi, disait-il, fataliste. Dès la première bosse, j'ai été lâché et je savais que cela serait compliqué. Mais, bon, j'ai gagné à Canterbury, et on mise mainternant sur Evans pour le classement final.»

On a perdu des repères sur ce Tour, écrivons-nous, ne serait-ce que sur le plan de la domination d'un coureur ou d'une équipe. Les années Armstrong tuaient tout suspense sur le Tour. Elles sont loin, déjà. Quant au dopage, le fléau semble s'éloigner, même si on a retenu la leçon de Landis et qu'on ne peut encore jurer de rien avant l'arrivée à Paris.

Mais à voir les mines éprouvées hier à l'arrivée à Tignes et le fait que tout le peloton voit pointer avec bonheur ce lundi de repos, on se dit qu'il y a quelque chose de changé sur le Tour.

Cela n'empêche pas de penser que le classement est encore loin d'être figé. Rasmussen courait hier pour le maillot à pois et sans doute la victoire d'étape, mais il se sait trop limité dans l'exercice du contre-la-montre. Et, chez Rabobank, on considère que c'est Menchov qui est le leader de l'équipe.

Quant à la lutte pour le maillot vert, elle va se circonscrire entre Boonen et Zabel. Ce dernier a été dépossédé de son maillot vert de 1996, puisqu'il a avoué avoir pris de l'EPO cette année-là. La direction du Tour a sans doute raison, elle a agi de même avec Landis ou Riis. Mais pourquoi ne le fait-elle pas aussi avec un certain Richard Virenque, dont les maillots à pois conquis en 1994, 1995, 1996 et 1997 ont probablement été entachés de tricherie?

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