Quelque 70 personnes ont été victimes d'attentats islamistes ce week-end au Pakistan. Tout le monde pense à des représailles.

Près de 70 personnes ont été tuées ce week-end au Pakistan dans des attentats suicides, dont deux visaient l'armée pakistanaise. Ces attaques semblent confirmer les craintes de représailles après l'assaut de la Mosquée rouge fondamentaliste d'Islamabad, la semaine dernière.

Dans le même temps, des militants islamistes pro-talibans à Miranshah, chef-lieu du Waziristan du Nord, la région tribale pakistanaise frontalière de l'Afghanistan, ont annoncé avoir mis fin à l'accord de paix conclu en 2006 avec le gouvernement d'Islamabad.

«Nous avions signé cet accord pour le bien de notre peuple mais les forces gouvernementales poursuivent leurs attaques contre les talibans et en ont tué un grand nombre», a indiqué le conseil local taliban dans un texte distribué à Miranshah.

À la suite de cette annonce, le gouvernement américain a affirmé son «plein soutien» au président pakistanais Pervez Musharraf.

Hier, un engin explosif artisanal et deux voitures piégées visant un convoi militaire ont tué «au moins 17 membres des services de sécurité et quatre civils» dans la vallée himalayenne de Swat, dans la Province-Frontière du Nord-Ouest, a indiqué un responsable de la police sous couvert d'anonymat, ajoutant que les deux kamikazes avaient également été tués.

Un engin explosif a été déclenché au passage du convoi militaire tandis que deux voitures piégées ont été jetées sur les soldats par des kamikazes, a indiqué le porte-parole de l'armée, le général de division Waheed Arshad. Une quarantaine de personnes ont également été blessées, a-t-il précisé.

À Dera Ismail Khan, dans la province de la frontière du nord-ouest, ce sont 26 personnes - dont 13 policiers - qui ont été tuées et 30 blessées dans un attentat suicide à la bombe dans un centre de recrutement de la police.

«L'homme a visé un centre où des recrues potentielles étaient rassemblées pour un examen d'entrée», a précisé un responsable de la police, Sharif Virk.

Sans doute en représailles

Ces nouvelles attaques sont survenues au lendemain de l'attentat suicide qui avait tué au moins 24 soldats samedi. Un kamikaze avait alors précipité une voiture bourrée d'explosifs contre un convoi militaire dans le Waziristan du Nord, une région tribale du Pakistan frontalière de l'Afghanistan.

Le général Arshad n'a pas exclu que l'attentat d'hier soit intervenu en représailles à l'assaut donné mercredi contre la Mosquée rouge fondamentaliste d'Islamabad qui a fait 86 morts, dont 75 islamistes. «C'est une possibilité qu'on ne peut exclure» a-t-il déclaré.

Le président pakistanais Pervez Musharraf, allié des États-Unis dans la «guerre contre le terrorisme», est la cible de la colère des islamistes depuis qu'il a ordonné l'assaut contre la mosquée.

Le numéro deux d'Al-Qaïda, Ayman al-Zawahiri, avait exhorté le jour même les Pakistanais à se «révolter» et des milliers de manifestants avaient appelé vendredi au djihad (guerre sainte), brûlant des effigies de Musharraf et des marionnettes géantes représentant l'«oncle Sam» américain.

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