Environnement

Paris fait sa «vélorution»

Plus de 10000 vélos en libre-service peuvent être empruntés gratuitement par les Parisiens pour leurs trajets quotidiens.

Au lendemain de la célébration de la prise de la Bastille, la capitale française a fait hier une autre révolution. Sa «vélorution». À 13 heures, des milliers de cycles ont été mis à disposition des Parisiens. En libre-service. Le projet baptisé Vélib' est un cousin germain de Cyclocity à Bruxelles (lire ci-contre) et un fils direct de Vélov' à Lyon.

Le principe de ce système lancé par la mairie de Paris, et réalisé par l'afficheur JCDecaux, est simple. 10648 vélos (20600 en décembre) sont installés dans 750 stations (1451 à la fin de l'année) disséminées dans la ville. «Il y en a une tous les 300 mètres maximum, soit 4,4 fois plus que les bouches de métro», commente Céline Lepault, chef de projet Vélib'.

Moyennant un abonnement (29€ par an, 5€ par semaine ou 1€ par jour), l'utilisateur peut emprunter une bicyclette gratuitement pendant 30 minutes. Pierre se réjouissait dès hier : «Je prendrai un vélo le matin sur la borne en bas de chez moi et le déposerai à celle près de mon travail. Le soir, j'en utiliserai un autre pour rentrer.»

En effet, Vélib' a tout misé sur ces premières 30 minutes gratuites car, ensuite, la facture grimpe (1€ la deuxième demi-heure, 2 la troisième, 4 les suivantes) : «Ce dispositif sert à effectuer de courts trajets. En une demi-heure, on a presque le temps de traverser Paris. C'est pour ça qu'on peut déposer le vélo à n'importe quelle borne», explique un employé de JCDecaux.

Avant son lancement, Vélib comptait hier matin 13000 abonnés et 22 500 locations ont été enregistrées en ce dimanche après-midi ensoleillé. Après avoir enfourché la bicyclette, Arlette commente : «Le retrait sur la borne est simplissime. Le vélo, lui, est très stable par son poids (22 kg) et très maniable. Certes, on ne peut pas rouler à 100 km/h, mais ce n'est pas le but. Beaucoup critiquent sa couleur un peu tristounette. Moi, je le trouve très chic. Bertrand Delanoë a eu raison de choisir le gris plutôt qu'un rouge criard et agressif.»

Pour le maire de Paris justement, Vélib' a tous les avantages : bon pour l'environnement, bon pour la santé, bon pour la diversification de l'offre de transports, bon pour les deux-roues (le vélo pourrait revenir à la mode et les cycles personnels ressortir des caves), bon pour les finances municipales (du fait du couplage au marché publicitaire, JCDecaux va payer 3 millions par an de redevance à la ville). Bon aussi pour l'image de Delanoë à huit mois des élections municipales.

Avec Vélib', le nombre des trajets en vélo réalisés à Paris devrait doubler. Le cap des 250000 abonnés est visé pour 2008. Et de nombreuses villes de l'Hexagone (Marseille, Mulhouse, Besançon, Toulouse.) travaillent sur de tels projets. «Honnêtement, Paris se rattrape là de son échec pour organiser les JO 2012», se réjouit Bruno en posant son vélo temporaire à une borne : «Excusez-moi, j'me dépêche. À la télé, y'a une étape de montagne du Tour de France.»

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