Leterme face à ses responsabilités

Leterme face à ses responsabilités

Yves Leterme a été nommé formateur dimanche soir. (photo Reuters)

La formation du gouvernement s'est soudain accélérée. Trente-six jours après les élections, Yves Leterme a été nommé formateur du gouvernement ce dimanche soir. Il prend le relais du médiateur-négociateur Jean-Luc Dehaene. Analyse.

+ Leterme formateur
+ Reynders se voit "Premier bis"

Jean-Luc Dehaene est allé chez le Roi hier soir. Pour rendre sa salopette de plombier-médiateur-négociateur. Et pour passer la main au formateur Yves Leterme. La nouvelle a pris corps en cours de journée. Dehaene démissionne un dimanche soir en pleine torpeur juillettiste. Quoi, quoi, quoi? Déjà? Alors que la moitié de la Belgique fait la sieste devant le Tour de France et que l'autre moitié barbote sous le soleil?

Les baromètres des prévisionnistes politiques s'affolent. Les plus optimistes avançaient la fin de cette semaine, à la veille de la Fête nationale, pour clôturer la mission. Dehaene lui-même a toujours mentionné cette date : il passerait la main avant le 21 juillet. Et Yves Leterme serait nommé formateur dans la foulée. Dehaene chez le Roi hier, a été déchargé de sa mission. Et peu avant 22h, Yves Leterme était nommé formateur du gouvernement.

Face à cette avalanche d'informations, au CD&V, hier, on disait tomber des nues. La porte-parole de l'ancien Premier ministre CVP jurait qu'elle n'était au courant de rien, avant de confirmer la visite à Laeken, en début de soirée. Pourquoi? Jean-Luc Dehaene, et seulement lui-même, pourrait répondre à cette question. C'est la méthode particulière du plombier faite d'obscurité profonde et de grands silences.

«Je vous garantis que ce sera pour dimanche soir. Pourquoi il fait ça? Dehaene est l'homme des surprises», disait l'un. «On assiste à un déblocage. CD&V et cdH ont vraiment travaillé entre eux. Ils arrivent enfin comme une famille unie à la table des négociations.On peut donc passer à autre chose», affirmait un autre. Mais au JT de RTL-TVI, on avançait une troisième piste, celle de la crise. Jean-Luc Dehaene ne parviendrait pas à résoudre les problèmes entre le cdH et le CD&V. Il en aurait marre et mettrait sa démission dans la balance. Dramatisation. Pression. On peine, pourtant, à croire à cette troisième option.

Le CD&V balançait hier un communiqué avec des démentis de ce qui se révélerait bel et bien être la réalité. «Les rumeurs faisant état de progrès concernant la formation du gouvernement et un accord possible sont sans fondement», insistaient les démocrates-chrétiens flamands. Voilà qui ne dore pas le blason de leur médiateur-négociateur. Samedi soir, on avait appris de plusieurs bonnes sources que les travaux du médiateur-négociateur Jean-Luc Dehaene avançaient très bien. Le CD&V démentait aussi.

Que croire? Dehaene aurait parfaitement analysé les marges de manoeuvre pour former un gouvernement. Il a ramené les quatre partenaires autour de la table : c'est sans doute la limite qu'il s'était fixée en début de mission, quand il avait précisé «ne pas être formateur». Il était donc en capacité, hier soir, de passer la main.

Il n'y aura pas de miracle. Dès le départ, Dehaene avait dit qu'il ne ferait ni accord ni rapport. Mais il pourrait maintenant souffler des pistes de solution à son cadet Leterme. Pour BHV, nous dit-on, le démineur n'a pas de solution clé sur porte à proposer mais bien une esquisse à avancer.

Les partenaires de l'orange-bleue pressent le CD&V. Un désir d'avancer est né. Plus on traînera, plus on s'enlisera dans des questions qui fâchent, dans de l'institutionnel, entend-on. Si cette précipitation est une stratégie du CD&V, pourquoi ont-ils posé de tels démentis? Et si ce n'est pas une stratégie du CD&V, quelle perte de sang-froid. Le départ précipité du plombier laisse pantois. Mais on va voir maintenant ce que le futur Premier ministre des Belges a dans le ventre. Place à Yves Leterme.

+ Prolongez l'info dans L'Avenir, Le Jour, Le Courrier de ce lundi 16 juillet

Nos dernières videos