EUROCOUPE 4 E JOURNEE: Charleroi Bamberg Ce soir 20 h 05

Le moteur Johnson à plein régime

Le moteur Johnson à plein régime

(photo Belga)

Charleroi ne remerciera jamais assez Michael Jordan d'avoir pété les plombs une après-midi de mars 2008. Si l'homonyne du plus célèbre des basketteurs n'avait pas signé lui-même son bon de sortie en frappant son ex-coéquipier Jonathan Tabu lors d'un entraînement, le Spirou n'aurait peut-être jamais attiré Jerry Johnson (26 ans, 1 m 80). Ce soir, les spectateurs du Spiroudôme pourront, on en prend les paris, constater de visu la différence de rendement entre un Jordan assez discret depuis le début de la saison avec sa nouvelle équipe de Bamberg et un Johnson qui tourne à plein régime.

«C'est le meilleur distributeur de la D1, assure Pierre Cornia, consultant pour les matches retransmis en direct sur le réseau des télévisions communautaires. Je suis mal placé pour juger de ses capacités à respecter les consignes tactiques ou à les transmettre à ses coéquipiers mais je suis séduit par son extraordinaire dribble. Grâce à un centre de gravité très bas, il place de magnifiques accélérations. Sa faculté à changer de direction lorsqu'il va à l'anneau est aussi remarquable.Peu importe qu'il marque par la suite ou qu'il ressorte le ballon.»

Déroutant sur le parquet, le natif de Lancaster en Pennsylvanie «à 40 minutes de Philadelphie» est beaucoup moins à l'aise à l'interview. «Sur le terrain, je fais confiance à mon instinct, précise brièvement celui qui a emménagé dans une maison de Nalinnes avec son épouse et ses deux enfants (une fille de 4 ans et un garçon de 18 mois). C'est souvent difficile de prévoir ce qui va se passer.»

Formé à la Rider University pour le compte de laquelle il a disputé plus de 110 matches en NCAA entre 2001 et 2005, Jerry Johnson a pas mal voyagé depuis qu'il a découvert le Vieux continent. Sa première escale? À Gdansk, en Pologne. Pas vraiment l'endroit rêvé. Quoi que. «Je ne crois pas qu'il y ait davantage de moyens de distractions dans le centre de Charleroi qu'à Gdansk, avance-t-il. Ce qui change, c'est surtout la périphérie, bien plus pauvre en Pologne.»

Au terme d'une première saison marquée par un test en Grèce à Panellinios, le meneur posera ses valises à Buyuksehir, dans la banlieuse d'Istanbul. «La compétition turque est la plus relevée parmi celles que j'ai fréquentés, avec deux formations qui évoluent en Euroligue et d'autres clubs de tradition comme Galatasaray ou Besiktas.»

«La bonne décision 8 fois sur 10»

Douze mois plus tard, le N.5 du Spirou poursuivra son tour d'Europe par Clermont afin d'aider le club auvergnat entre octobre 2007 et avril 2008 à remonter la pente en ProA. Ses 15,3 points et 3,9 assists de moyenne en 20 matches l'aideront à quitter un navire en plein naufrage pour atterrir à Charleroi où il sera décisif dans la conquête du titre. «Ce qui s'est passé entre Michael Jordan et Jonathan Tabu ne me concerne pas, ajoute-t-il. Je suis ici pour essayer de gagner le plus de matches possible.»

Le Final 8 de l'Eurocoupe le fait-elle rêver? «Non, car je ne suis pas du genre à rêver. J'estime que l'équipe n'est pas plus forte que la saison dernière, mais il nous reste encore quelques mois pour tout peaufiner avant les grandes échéances.»

Notamment pour parfaire la complémentarité avec Jonathan Tabu. Même si sur ce point, les deux guards ont déjà apporté de nombreuses garanties.

«Tabu recèle de nombreuses qualités, mais il est actuellement un peu moins fort et un peu moins collectif, juge Pierre Cornia. Johnson est vraiment un joueur complet, qui sait shooter avec ou sans pression et qui met lui-même énormément de pression sur le plan défensif. Huit fois sur dix, il prend la bonne solution.»

Joueur le plus utilisé par le coach Anzulovic avec l'ailier Broyles depuis le début du championnat (28 minutes de moyenne), Johnson affirme toutefois qu'il doit encore progresser. «Dans la perception du jeu, dans sa lecture, détaille-il avant d'ajouter en mastiquant son chewing-gum : «On apprend toujours de ses erreurs.» Mais jusqu'à présent, sa partition carolorégienne comporte peu de fausses notes.