Laurent Dethier ne fait pas les choses à moitié. Depuis 4 matches, avec 13 buts, il est redevenu la terreur des défenses de promotion D.

Au terme du dernier match de la défunte saison, la performance de Laurent Dethier n'était pas passée inaperçue : il avait réussi à planter 29 buts en championnat. Cette année, après deux rencontres, le meilleur buteur de la promotion D, dorénavant surveillé comme Fort Knox par les défenses adverses, semblait mal parti pour rééditer son exploit. Mais dès le troisième match, face à Bioul, Laurent Dethier remettait les pendules à l'heure en marquant quatre fois. À Faymonville, une semaine plus tard, El Fenomeno plantait à nouveaux quatre roses avant de frapper trois fois contre Vaux puis encore deux fois à Spa ce week-end. Avec 13 buts en 6 matches, le goleador du stade Bertrand file vers un nouveau record !

Et pourtant, entre le foot et le basket, son coeur a longtemps hésité. « J'ai débuté le foot à Sclayn, près de chez moi, en cadets, explique Laurent. Mais j'ai vite arrêté le foot car le coach faisait une tournante et je ne jouais jamais. J'ai découvert le basket, au Continental puis au First Andenne avant de rejoindre le Golden Seilles. Ma maman préférait le basket, elle trouvait ce sport moins salissant... ».

Après cinq mois sans football, Laurent rechaussait les crampons à Andenne. Ses qualités d'attaquant sautaient vite aux yeux de ses entraîneurs et dès les scolaires, il intégrait le noyau P1, sans passer par la case junior. Chez les Oursons, sous la conduite de Guy de Munck, il plantait 20 buts en première. Couvin, Petit-Waret, Walhain et Aische s'intéressaient alors au jeune phénomène qui optait finalement pour le stade Bertrand où il retrouvait les Andennais Berto Hébette, Hugues Laboureur et Alain Dheur. «Je suis venu pour jouer le haut du panier et au terme de la saison, nous avons décroché le titre », rappelle le fils de Louis, ancien joueur d'Hannut et d'Andenne.

Sept ans plus tard, Laurent Dethier porte toujours fièrement la vareuse d'un club qu'il adore et qu'il compare à une véritable famille. Mais il sait qu'avec des statistiques aussi impressionnantes, un buteur comme lui ferait le bonheur de bien des clubs : « L'an passé, l'US Centre a manifesté un intérêt. Les contacts les plus concrets sont venus de l'UR Namur et de l'Olympic de Charleroi. Mais en me sollicitant le 15 et le 20 juin, c'était trop tard, j'avais déjà donné ma parole à Aische. Je ne pense pas trop à l'avenir. J'ai toujours voulu jouer plus haut et comme me l'a bien dit Marco Casto, si la chance se présente, il faut la saisir, quitte à se planter. Mais je ne suis pas du genre à abandonner mon équipe au mois de décembre ».

Employé au golf de Louvain-la-Neuve, Laurent, 24 ans, a mûri depuis ses débuts à Aische. Sa forme actuelle, il la doit à une hygiène de vie plus saine : «Il y a 3 ans, j'étais un peu plus gros. J'ai corrigé les erreurs du passé : un peu moins de sorties et de fast-food... ». Un régime qu'un autre Fenomeno, mondialement connu celui-là, devrait également pratiquer. Laurent peu en témoigner : la recette fonctionne pour marquer.