PROVINCIALE 1

Quarante ans et pas un regret

Le Cercle Sportif de Welkenraedt ne se porte pas trop mal pour son retour parmi l'élite ... au bout de 40 ans d'attente et 40 jours de compétition.

Saison 67-68. À son terme, le CS Welkenraedt y quitte le plus haut échelon provincial pour un (long) purgatoire de... quatre décennies ! Dribblé par Aubel - qu'il retrouvera dimanche au stade communal - voici un peu plus d'un an, le Cercle a fini par ne plus trouver d'adversaires à sa mesure pour rejoindre (enfin) la P1 en avril dernier. Une entreprise non programmée, du moins dans l'esprit des dirigeants welkenraedtois. «Les joueurs et l'entraîneur ont fini par se fixer cet objectif, avoue le secrétaire du club Mathieu Kessels. Mais maintenant que nous y sommes revenus, c'est loin d'être un regret. Tout ce que j'espère, c'est que nous n'allons pas monter en promotion d'ici peu», glisse-t-il, non sans une pointe d'humour.

Pour autant, ce retour en P1 n'a changé en rien la ligne de conduite d'un club géré en bon père de famille, où chacun semble tirer à la même corde, celle d'une sagesse qui ne sert pas toujours de modèle dans d'autres sphères. «Nous n'avons vraiment pas la grosse tête, assure Mathieu Kessels. Et nous ne l'aurons pas plus dans les années à venir», ajoute-t-il, fort de l'expérience vécue il y a de cela cinq ou six ans. «À l'époque, nous avions bâti ce qu'on appelle une grosse équipe, avec notamment trois ou quatre joueurs de couleur (NDLR : Bitumba et consorts).» Une «armada» qui avait coûté la peau des fesses au club. «Une saison qui n'avait rien rapporté sur le plan sportif et qui nous avait surtout mis dans le rouge. Je vous assure que nous avons ramé pour nous remettre à flots. Aujourd'hui, on ne veut plus de ça. Nous accordons notre confiance à nos jeunes et à des joueurs sans grande prétention financière.»

Ces gars-là ont pour nom Mike Corman, Jérôme Meessen ou encore Cédric Reinertz. «Leur éclosion nous fait vraiment plaisir. C'est un des gros points positifs de ce début de saison, l'autre étant évidemment les 12 unités que nous comptons déjà au classement. Je suis très étonné de nous voir en si bonne position, alors que je pensais sincèrement que nous aurions un noyau moins compétitif que la saison dernière. Nous avons pris le bon chemin, même si nous sommes encore loin du maintien. Et puis même, si dans le pire des cas, après avoir attendu quarante ans, le club devait redescendre d'un échelon, on ne crierait pas à la catastrophe.»

Ah, ça non, le maintien n'est pas encore dans la poche. Demandez-le à Christophe Eussen...