VERVIERS LANCE DES IDEES POUR GARNIR BIELMONT

Marasme dans les gradins! Il y a de moins en moins de spectateurs dans les stades de nos clubs de nationale. Comment leurs dirigeants comptent-ils enrayer ce constat? Tour d'horizon d'une région... sinistrée?

Le constat est dur. Amer, voire inexorable. Les stades de nos équipes évoluant à l'échelon national se vident. Les chiffres parlent d'eux-mêmes. La moyenne globale de nos 6 clubs «nationaux» est de 305 spectateurs payants, là où le Standard de Liège, proche voisin de D1, draine près de 30000 fans à chacune de ses sorties à Sclessin. Face à cette désertion, peu de dirigeants cherchent des solutions originales. Ils se retranchent derrière le même leitmotiv, comme le résume Alain Grosjean, le trésorier verviétois : «Primo, les résultats doivent être très bons. Secundo, il faut y ajouter la manière. Car sans foot attractif, sans joueurs engagés, il n'y a pas de plaisir pour le spectateur lambda».

Seul souci dans un marché de plus en plus envahi par l'argent, les joueurs de qualité coûtent cher. Et les budgets de nos clubs ne grandissent guère. Même ceux qui misent sur la formation peinent. Financièrement et sportivement. Parce que le seul travail du long terme ne peut se départir de la réalité du moment. Alors, chacun y va de ses stratégies. Celle du RCS Verviers est double : «Profiter des opérations pour ramener du public à Bielmont, en séduisant de nouveaux partenaires du club». Philippe Denoël a, dans ce sens, distribué aux commerçants de la région des places gratuites. «750 pour le match contre Bocholt, 1250 pour celui contre Seraing de ce dernier week-end. L'idée était de faire plaisir à des potentiels sponsors - ne fut-ce que pour un ballon de match - en leur permettant d'inviter leurs clients à Bielmont. Hélas, la communication est mal passée, certains de ces commerçants ayant distribué leurs entrées gratuites... devant les guichets du stade!»

Un char avec les joueurs

Malgré cet avatar, Philippe Denoël ne baisse pas les bras. L'opération pourrait être reconduite dans l'avenir, «mais avec une meilleure explication des objectifs recherchés». Mieux, d'autres idées ont germé dans la tête de celui qui a la ferme intention d'inverser cette courbe de fréquentation fléchissant. «En fin de saison dernière, nous avions offert la gratuité à toutes les mamans à l'occasion de la Fête des Mères. Pourquoi pas encore cette année?» Une idée plus saugrenue de l'avis de l'intéressé serait de «monter un char, genre carnaval, qui déambulerait un samedi dans Verviers. Les joueurs seraient perchés dessus et distribueraient des entrées». Mais de là à lancer une opération «porte ouverte», «nous avons encore besoin de ces entrées payantes. Même s'il n'y en a qu'une centaine comme contre Seraing!»