Tout le monde sait que la «classe A» marque les appareils électroménagers les moins énergivores. Mais que signifieraient B14 ou C8?

Sauvez notre classe « A »! Le message du Bureau européen des unions de consommateurs (Beuc) et de l'Anec (l'Association européenne pour la coordination de la représentation des consommateurs dans la normalisation) est adressé à la Commission européenne. Car celle-ci se prépare à réviser une nomenclature de la consommation énergétique des appareils électroménagers que tout le monde connaît : la dernière enquête des deux associations montre que 97 à 99 % des personnes identifient parfaitement l'échelle de consommation qui s'étale de A à G. Alors, où est le problème? Tout simplement dans le... trop grand succès de la réglementation européenne : il y a désormais de trop nombreux produits classés «A». D'où la volonté de la Commission de réviser le classement. Et l'inquiétude du BEUC et de l'Anec.

Le message des deux organisations est clair : il faut garder la «classe A». Car il y a péril en la demeure : certaines voix dans l'industrie proposent en effet de changer l'étiquetage existant par une échelle numérique ouverte peu claire, allant de 7 (le plus efficace) à 1 (le plus «gourmand») ou de 9 à 3. La Commission, de son côté, envisage une combinaison de lettres et de chiffres au sein d'une double échelle qualifiée de «déconcertante» par le Beuc et l'Anec : devra-t-on demain comparer un B 14 à un C 3, ou un D 9 à un G 4?

Remplacer un système connu de tous par un système numérique désorienterait le consommateur, et réduirait à néant le très bon travail fourni au cours de ces quinze dernières années, dénoncent les deux associationss.

« Lorsque la Commission a lancé son Plan d'action sur la consommation et la production durables il y a trois mois, elle a souligné "le besoin d'améliorer les performances énergétiques et environnementales des produits et de stimuler leur utilisation par les consommateurs". De notre point de vue, ce résultat ne sera pas atteint en les embrouillant », conclut Monique Goyens, directrice générale du Beuc.

Le secrétaire général de l'Anec, Stephen Russel, est tout aussi tranché : « L'étiquetage énergétique européen, consistant en des barres de couleurs et allant de A à G, est maintenant bien connu par les consommateurs et nos études le confirment. Il est donc prudent de le garder comme base d'information pour les consommateurs. »