FOOTBALL

«Maman est plus impatiente que moi»

«Maman est plus impatiente que moi»

(photo Belga)

Bakary «Bouba» Sare a fêté sa 1 re titularisation en championnat. Le milieu défensif ivoirien succédera-t-il à Jan Polak ?

Bakary 'Bouba' Sare (18 ans) n'avait plus connu la joie d'une titularisation depuis l'étonnante victoire d'Anderlecht en huitième de finale de la coupe UEFA, la saison dernière, au Bayern de Munich. Ce soir-là, Sare avait brillé durant nonante minutes face aux stars bavaroises. «J'avais reçu beaucoup d'éloges après le Bayern, mais avec les réserves j'avais déjà joué de bien meilleurs matches, dit l'Ivoirien. Cela dit, ce match a changé ma vie. Désormais, les supporters me regardent différemment.»

Vendredi, contre Mouscron, les forfaits de Lucas Biglia et de Jan Polak ont offert au jeune milieu défensif une nouvelle chance en équipe première du Sporting alors qu'on s'attendait à ce que Losada reçoive la préférence du coach anderlechtois. «Ai-je saisi ma chance? Je sais que je suis capable de faire beaucoup mieux, dit Sare. Mais Ariël Jacobs m'avait demandé de jouer le plus simplement possible et de ne pas trop monter. Étais-je nerveux? Pas du tout! Je ne le suis jamais. La pression, je ne connais pas.»

S'il n'est pas nerveux, Sare n'est pas davantage impatient. «Ma maman, qui vit avec moi dans un appartement près du stade Constant Vanden Stock, l'est beaucoup plus que moi. Après chaque match, elle est la première à m'appeler pour savoir si j'ai joué. Personnellement, je ne suis pas encore pressé. Je n'ai que 18 ans, j'attends mon heure.»

«Un départ de Polak ferait mes affaires»

«Bouba», comme l'a rebaptisé sa grand-mère, sait qu'Ariël Jacobs le considère comme le premier remplaçant de Biglia et de Polak. «C'est du Tchèque que je me sens le plus proche, note l'Ivoirien. Comme Polak, je mets l'accent sur le côté physique de mon jeu.» Jan Polak, précisément, risque de ne pas faire de vieux os au parc Astrid. «Un départ de Polak ferait évidemment mes affaires», sourit Sare.

Découvert à Abidjan il y a trois ans par l'ancien agent de joueurs Serge Trimpont et par Herman Van Holsbeeck, Bakary Sare n'a pas oublié ses origines. Enfant unique, il retourne dès qu'il en a l'occasion en Côte d'Ivoire retrouver ses cousins et cousines ainsi que tous ses potes du FC Bibo où il a été formé. «Un moment, tous les meilleurs joueurs du FC Bibo partaient pour Anderlecht, se souvient-il. Grâce à Aruna Dindane, les Mauves ont une excellente réputation dans mon pays. C'est ainsi que Diakité, Tioté et César Oulaï ont débarqué au parc Astrid. J'ai encore beaucoup de contacts avec eux. Chaque semaine, je téléphone à mes entraîneurs du FC Bibo. Cet été, je leur ai apporté des équipements et du matériel d'Anderlecht.»

Bakaray Sare semble avoir les pieds bien sur terre. Cela ne l'empêche toutefois pas d'avoir des rêves plein la tête. «Mon idole est Mahamadou Diarra du Real Madrid, avoue-t-il. J'avais eu la chance de le côtoyer lors d'un test que j'avais passé à Lyon. J'aurais aimé affronter Diarra en Ligue des champions cette année comme a pu le faire... Bate Borisov. J'espère que ce n'est que partie remise.»