Le mouvement largement suivi

La grève d'hier n'avait de valeur que d'avertissement. Elle n'en a pas moins été largement suivie dans l'ensemble du pays.

Les syndicats n'avaient pas officiellement appelé à la grève générale, mais l'ensemble du pays n'en a pas moins été néanmoins largement paralysé hier par la journée d'actions «d'avertissement» lancée par les syndicats en front commun, pour défendre le pouvoir d'achat des travailleurs.

Les transports publics étaient pratiquement à l'arrêt au nord comme au sud du pays, provoquant des embarras de circulation, surtout en Flandre, en direction de Bruxelles.

De nombreux barrages plus ou moins filtrants ont été installés un peu partout dans le pays. Les syndicats ont ainsi empêché l'accès au port d'Anvers, mais aussi dans une série de zonings industriels du sud du pays, comme Ghislenghien, Orcq, Froyennes, Grâce-Hollogne, les Hauts-Sarts, ou Fleurus, Heppignies, Courcelles, Manage, Seneffe, Feluy, etc. Les syndicats ont aussi lancé une opération «Verviers ville morte», et mis à l'arrêt l'aéroport de Liège-Bierset.

Parmi les secteurs les plus touchés par le mouvement, on peut relever le secteur pétrochimique, Belgacom, la métallurgie et la distribution.

En Wallonie, toutes les entreprises du secteur technologique ont fermé leurs portes alors que la Flandre était peu concernée.

Beaucoup d'entreprises dont les PME en particulier ont été touchées indirectement par les mouvements de grève.

Seule exception à cette mobilisation quasi générale, le secteur financier où les syndicats se sont contentés d'actions purement symboliques, en manifestant notamment devant la Banque Nationale à Bruxelles.

Le secteur public était également touché, bon nombre d'administrations tournant au ralenti en cette journée d'action. Par endroits, comme à Bruxelles, les services de ramassage des déchets ne fonctionnaient pas.

Des hôpitaux et des maisons de retraite tournaient avec des équipes réduites.

Dans l'enseignement, la grève a été très suivie dans le réseau officiel, à Bruxelles et en Wallonie : on comptait 75 % d'enseignants grévistes dans l'enseignement primaire et près de la moitié des écoles secondaires touchées.

Enfin, le mouvement a également été bien suivi à La Poste, surtout au sud du pays et à Bruxelles alors que la situation était proche de la normale en Flandre.

Globalement, cette journée d'action s'est déroulée sans incident majeur, si ce n'est une personne a été blessée sans gravité à Verviers par une voiture.

Des marges

En réaction au mouvement, la ministre cdH de l'Emploi, Joëlle Milquet, a confirmé sa volonté, malgré un budget difficile, de «dégager des marges pour 2009 afin de pouvoir prendre, dans le cadre budgétaire fixé, des mesures sociales, fiscales et familiales complémentaires et ce, au-delà des mesures relatives au pouvoir d'achat déjà prises en 2008 pour un montant de 3,7 milliards en base annuelle».

Par la voix de Pieter Timmermans, directeur général de la Fédération des Entreprises de Belgique (FEB), les employeurs ont dit, eux, attendre des syndicats de pouvoir discuter des aspirations non seulement des employés mais aussi des employeurs, principalement la compétitivité, le tout «sans tabous». La reprise de contact sera animée.