Si les jeunes se sentent mal dans leur peau au boulot , c'est parce qu'il y a un monde entre la réalité de l'entreprise et l'image qu'ils s'en font.

Mo ins d'un jeune sur deux se sent bien aujourd'hui dans son boulot. Interpellant. D'autant que visiblement, le problème ne réside pas dans la précarité de l'emploi ou la rémunération. La difficulté, c'est surtout de trouver sa place dans l'entreprise. Car au départ les jeunes sont motivés, comme l'explique Amélie Vercamer, de Trace Interim. «Quand ils arrivent chez nous, leur première question concerne le salaire, bien sûr, mais surtout la possibilité d'évoluer au sein de l'entreprise ainsi que la possibilité d'y être formé.»

Et puis, régulièrement, la déception est au rendez-vous. «Parce qu'il y a un fossé énorme entre la vision qu'ils ont du monde de l'entreprise qu'ils tirent de leurs études, et la réalité de terrain. Ils s'aperçoivent que la réalité n'est pas du tout ce à quoi ils s'attendaient. Et puis, ce manque d'information sur l'univers du travail fait que les jeunes, quand ils se présentent chez nous, ne savent pas trop bien ce qu'ils veulent faire ou même quels sont les métiers qui correspondent à leur diplôme.Ce qu'ils veulent avant tout, c'est une chance de se lancer. Mais ils ont du mal à exprimer leurs motivations.»

Une méconnaissance qui rend aussi paradoxalement les jeunes plus exigeants avec le boulot qu'ils recherchent.

«Avant, les gens prenaient le premier boulot venu. Aujourd'hui, ils ne se rendent plus bien compte de l'inadéquation entre leurs compétences et les boulots proposés. Ils sont complètement perdus à cause du manque d'informations sur la réalité du travail. C'est pour cela qu'ils ne se sentent pas bien dans leurs baskets et leur boulot.»

Raison pour laquelle les agences d'intérim, notamment, mettent désormais l'accent sur la préparation des travailleurs avant d'entrer en entreprise.

«Il faut impérativement accompagner les jeunes et les préparer à se lancer dans le monde du travail. Sinon, dans le flou, ils sont remplis de craintes, donc d'incertitudes qui peuvent mener à la démotivation. Notre job est de les soutenir avant, mais aussi après leur passage en entreprise. Nous organisons des débriefings pour que les jeunes puissent exprimer ce qui leur a plu ou déplu dans le travail qu'ils ont fait. C'est en les accompagnant de la sorte qu'on pourra les garder motivés et, finalement les mener au contrat à durée indéterminée. Chaque contrat est pour nous une vraie victoire.»

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