Les moins de 35 ans s'ennuient au travail

Les moins de 35 ans s'ennuient au travail

(photo EdA - Jacques Duchateau)

SATISFOMETRE | Plus de 50 % des moins de 35 ans se disent peu épanouis au travail. Et ce n'est pas une question de salaire. Laurence sait de quoi elle parle.

«Quan d on sort des études, quel que soit notre âge, on n'a pas très envie de bosser», avoue Laurence (nom d'emprunt).

Après des humanités scientifiques, la jeune femme s'est lancée dans un baccalauréat en relations publiques à Namur. «J'étais heureuse et soulagée d'avoir trouvé ma voie.»

Et pourtant, c'est le secteur bancaire qui a tendu les bras à Laurence par l'intermédiaire d'une amie. Un contrat de six mois tombé du ciel. «Je ne me destinais pas du tout à travailler dans une banque, explique Laurence. Mais les possibilités d'engagements sont réelles et c'est plus facile pour monter en grade et avoir davantage de responsabilités.»

Son travail : gérer des dossiers. Des missions administratives qui dénotent du travail qu'elle rêvait d'obtenir.

Pire encore, sur un plateau de 17 employés, «plus aucun n'avait de motivation dans son travail. Une seule idée en tête, être payé en fin de mois, et vivement 16 heures». Désillusion pour une jeune femme dynamique qui voit chaque jour comme un défi. Celui d'apprendre plus et de tisser des liens avec des personnes de toutes les générations.

«J'ai très vite reçu plus d'objectifs et de responsabilités. Malgré tout, je ne me sentais pas dans mon élément.»

La pression ne vient pas uniquement de la hiérarchie mais aussi des collègues. «C'est chacun pour soi. On attend que l'autre fasse une erreur, on ne lui dit pas et on prie pour que le chef s'en rende compte. C'est invivable à long terme comme ambiance.»

Refuser une promotion pour rejoindre le job de ses rêves

Après un an, Laurence a signé son contrat à durée indéterminée. Trois mois plus tard, c'est le dilemme. Une entreprise privée dans le secteur des foires et salons la contacte. Un travail dans la communication qui s'ouvre à elle dans l'entreprise qui l'avait accueillie pendant son stage.

«D'un côté, un emploi stable, une proposition de grade, une augmentation salariale et des primes diverses. De l'autre, un job qui me passionne dans une petite équipe avec laquelle j'étais certaine de faire du bon travail dans une ambiance du tonnerre.»

Après avoir pesé le pour et le contre, Laurence est partie. «L'argent c'est bien, surtout avec un emprunt à rembourser et des charges multiples, explique Laurence. Mais je ne pouvais pas sciemment choisir un job où, dans quelques années, j'irai avec les pieds de plomb. Un job pour lequel je n'aurai pas envie de me battre.»

Aujourd'hui, Laurence travaille à 15 minutes à pied de son domicile. À 26 ans, elle se félicite d'évoluer dans un emploi conforme à sa motivation et sa formation.

Un regard sur son parcours fait naître une certitude chez Laurence : «J'y ai perdu financièrement mais j'ai gagné tout le reste. On n'est pas sur terre pour subir un boulot qu'on n'aime pas.Il faut toujours garder l'espoir et saisir sa chance.»

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