"Guantanamo a changé"

Anne-Marie Lizin revoit son jugement. (photo Belga)

La situation a fortement évolué à Guantanamo depuis mars 2006 selon le 3e rapport de la présidente sortante du Sénat. Anne-Marie Lizin, représentante spéciale de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), a de nouveau examiné la prison militaire américaine située à Cuba.

"Le débat politique aux Etats-Unis, qui a produit notamment des propositions de loi visant à la fermeture de Guantanamo, a modifié la donne. Le monde judiciaire récupère aussi sa capacité de contrôle", a déclaré mardi Anne-Marie Lizin au cours d'une conférence de presse.

Le rapport fait suite à la deuxième visite de Mme Lizin à Guantanamo, le 20 juin dernier. Il sera discuté le 8 juillet par l'Assemblée parlementaire de l'OSCE, réunie à Kiev. La destination du centre de détention et le niveau de dangerosité des détenus ont changé également, a souligné Simon Petermann, professeur de relations internationales à l'Université de Liège.

"Depuis l'ouverture de la prison en 2002, plus de la moitié des détenus ont été transférés vers d'autres pays, d'autres sont en attente de transfert et une quinzaine de prisonniers considérés comme extrêmement dangereux, dont le cerveau présumé des attentats du 11 septembre, Khaled Cheik Mohammed, ont été transférés, en septembre 2006, des prisons secrètes de la CIA vers Guantanamo, qui est en train de devenir une prison militaire de haute sécurité", a-t-il expliqué.

375 prisonniers

Le nombre de prisonniers à Guantanamo est aujourd'hui d'environ 375, dont 60 à 80 considérés comme très dangereux, selon le Pr Petermann. Si Mme Lizin réinsiste, dans son rapport, sur la nécessité de fermer le camp de détention, qui "nuit à l'image des Etats-Unis dans le monde", elle a aussi appelé, par courrier, nombre de pays à accepter d'accueillir sur leur territoire des détenus transférables, actuellement au nombre de 80, dont 25 immédiatement.

"J'ai reçu peu de réponses, lesquelles n'étaient pas très positives", a-t-elle déploré, en ajoutant qu'"il n'y a pas d'autre optique que de fermer ou de dispatcher". Elle a également perçu, lors de sa dernière visite sur place, un processus de radicalisation chez les détenus, dont la plupart se disent toujours djihadistes, et une cohésion de groupe très forte, "qui peut renforcer leur volonté mentale de combat".

Elle a par ailleurs constaté que des efforts avaient été accomplis en vue d'aligner les différents régimes de détention sur les standards des prisons américaines. (Belga)

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