Décès suspects à l’hôpital de Gand

Un défaut dans le logiciel Brainlab pourrait avoir provoqué les neuf décès de Gand. Une thèse réfutée à l'UZ Gent. (photo Reuters)

Dix-sept patients traités à l'hôpital de Gand pour une tumeur au cerveau auraient reçu des doses inappropriées de rayonnement. Ce qui aurait provoqué la mort de neuf d'entre eux.

+ Brainlab rejette toute responsabilité

L’information a été révélée par Le Soir mardi. C'est le logiciel Brainlab qui pourrait être à l'origine de ces surdoses d'irradiation.

A l’hôpital de Gand, on explique que ces patients sont tout simplement morts "d'une progression de leur maladie", selon une porte-parole de l'UZ Gent. Elle reconnaît toutefois que le logiciel Brainlab contient une anomalie qui a fait que les rayons n'ont pas été administrés au bon endroit.

L'appareil a été utilisé de décembre 2005 à septembre 2006, au moment où l'erreur a été constatée. "Nous en avons immédiatement arrêté l'utilisation et informé la société, qui a à son tour mis l'Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN) au courant."

"Nous avons agi correctement", a quant à lui affirmé le médecin principal de l'hôpital universitaire de Gand, le professeur Renaat Peleman. Il n'y aurait pas, selon l'hôpital, de lien de cause à effet entre l'irradiation de tissus sains et le décès des patients. "Ils ne présentaient pas de symptômes qui auraient pu montrer que des tissus sains avaient reçu de trop fortes doses de rayons. Trois patients ont ensuite reçu un traitement supplémentaire."

Cas semblables en France et aux Etats-Unis

Le logiciel Brainlab est donc clairement mis en cause. Ce n'est pas la première fois que ce programme allemand, utilisé pour soigner les tumeurs au cerveau, pose problème. En juin dernier, le quotidien français Le Parisien révélait que 145 patients de l'hôpital universitaire de Toulouse avaient reçu une surdose de rayonnement lors d'une radiothérapie. Quatre personnes étaient également décédées quelques temps auparavant à Epinal lors d'un incident similaire. L'enquête avait prouvé qu'une erreur dans le logiciel était à l'origine de l'incident.

Aux Etats-Unis aussi, on a recensé des problèmes avec deux appareils Brainlab. Selon l'entreprise allemande, il y aurait en effet eu des problèmes avec sept machines dans le monde. Les hôpitaux concernés ont été avertis et auraient reçu une mise à jour qui devait remédier à ce défaut.

Les enquêteurs de l'AFCN descendront sur place, à l'UZ Gent, cette semaine. Ils inspecteront également tous les hôpitaux universitaires utilisant cette technologie. L'enquête devra déterminer si la mort des patients est imputable à une erreur technique ou matérielle ou à l'état de santé des patients. (Belga)

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