MC Solaar, tome 7

MC Solaar est de retour dans les bacs. "Chapitre 7", le nouvel album du rappeur français, est à l'image de la vie, à la fois grave et légère. Interview et clip vidéo de "Da Vinci Claude".

Claude MC Solaar, on vous avait un peu perdu de vue ces dernières années. Vous faisiez quoi ?

J'ai tout d'abord voulu prendre une année sabbatique, qui a finalement duré deux ans et demi. Je voulais voyager et aussi être très proche de mon bébé.

Votre nouvel album comporte 18 titres. Un choix difficile ?

Non, pas vraiment. Il y en avait 22 au départ et on a enlevé ce qui faisait un peu doublon. Parce que, à quelques jours d'intervalle, on peut parfois refaire des choses qui ressemblent à du déjà entendu.

Vous proposez sur le même album des choses très différentes, côtés écriture et arrangement...

Oui, j'aime bien cette idée de travailler en éventail. Je ne suis pas l'homme d'un seul livre, d'une seule thèse. Parce que ce n'est pas la vie. J'ai voulu varier les morceaux festifs avec les titres plus graves.

Votre séjour au Brésil il y a un an fait partie des bonnes choses que la vie vient de vous offrir...

Avant d'y aller, j'avais une image très précise de ce pays, notamment en matière de musique. Et quand je suis allé sur place, je me suis vite rendu compte que la réalité était conforme à cette image. Là-bas, il y a de l'énergie, de la joie, de la gentillesse. Je n'y suis resté que huit jours, le temps de donner quelques concerts. Mais j'en ai retenu beaucoup de choses positives. La plupart de mes musiciens sont d'ailleurs déjà retournés là-bas.

On a envie de vous décrire comme un homme qui cultive la bonté...

Je crois que l'on a plus que jamais besoin de bonté. Depuis le 11 septembre 2001, tout a changé. L'actualité est toujours assez dramatique avec des menaces terroristes et des grandes craintes quant à l'avenir de la planète. On est dans un truc qui peut faire peur, un monde hostile. Donc ça me donne envie de donner un peu plus de joie.

Êtes-vous parfois effrayé de la tournure que prend le rap avec notamment cette culture de la violence urbaine ?

C'est vrai qu'il y a beaucoup de choses dans le rap actuel qui me dérangent. Notamment cette idée que la loi du plus fort est acceptable, que la fin justifie les moyens, que l'on peut écraser quelqu'un par le matérialisme et le paraître.

On vous imagine assez proche du slam...

J'ai déjà été en écouter, mais je n'en ai jamais fait. Même si le slam qui ressemble à de la poésie, comme celui de Grand Corps Malade, je pense que je l'ai approché dans certains de mes textes, avec un fond musical. Mais il y a aussi un autre slam, celui du swing des mots, de l'oralité, comme le fait Ab Al Malik par exemple. C'est assez différent et j'apprécie.

Votre album fait une grande place aux instruments...

Je trouve que la musique renforce la joie d'écrire, la créativité et les interprétations sur scène. Les instruments, cela nous permet aussi de ne pas stagner, de ne pas avoir que des sons électroniques. Si demain on veut faire un morceau tzigane, on ne va pas prendre un sample pour faire tourner quelque chose. On va plutôt aller chercher des musiciens qui peuvent nous apporter mieux. Je travaille avec des gens qui vivent avec les techniques de leur temps, mais qui connaissent aussi très bien la musique ethnique.

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