Le Tour de France est assis sur la poudrière du dopage

Entre gigantisme et croissance démesurée , le Tour de France démarre sur une véritable poudrière, engendrée par les affaires de dopage.

Au fil des années, le Tour de France grandit sous l'effet d'une maladie difficile à soigner : le gigantisme. Constat curieux, cet aspect mercantile et incontournable de «la» manifestation sportive de juillet déteint résolument sur les formes de dopage. Car, chaque année qui passe fait que des laboratoires se livrent à une concurrence sans merci et parviennent à mettre sur un marché très discret de nouveaux produits capables d'échapper à un arsenal de contrôles pourtant bien rodés. La surenchère est donc partout, dans tous les aspects d'une organisation gigantesque et qui poursuit pourtant les tricheurs avec la dernière énergie du désespoir.

Comme pour se mettre au diapason de cette croissance effrénée, le nombre de scandales n'a jamais été aussi élevé à quelques jours des premiers coups de pédales londoniens. L'affaire Landis, le chaud dossier Puerto, les aveux indigestes de Bjarne Riis et ceux des plus ou moins repentis de l'ère Telekom, avec cette grosse cerise sur le gâteau Jaksche.

Beurk, on est au bord de l'indigestion, voire de l'explosion. Pas celle qui viendrait des terroristes, mais bien de l'une ou l'autre nouvelle annonce d'un contrôle positif de l'un des 189 coureurs admis au départ. Rappelons-nous en effet qu'on ne connaît pas encore tous les résultats de ces fameux contrôles ciblés, dont parlait Anne Gripper, la responsable anti-dopage de l'UCI.

Il s'agit véritablement d'une bombe à retardement. Comme si Londres, dans les circonstances actuelles, avait encore besoin de cela.

C'est une demi-douzaine de coureurs de premier plan, dont trois surnommés «Men in black» (les hommes en noir), qui a fait l'objet d'un ciblage des contrôleurs de l'UCI.

Chez qui on a parlé un peu hypocritement de «contrôles inopinés non négatifs» sur certains d'entre eux. Sera-t-on fixé avant ce samedi ou ne sera-ce que plus tard, auquel cas certains vainqueurs d'étape pourraient entretenir quelques dérangeants soupçons?

Arme de base mais loin d'être absolue, les contrôles ne seront pas plus nombreux qu'en 2006 (environ 150) mais plus «intelligents» selon le dernier terme à la mode pour qualifier le ciblage de coureurs en fonction de leur comportement suspect ou de bilans sanguins anormaux ou anarchiques.

Comme chaque année, les 189 partants vont livrer, jeudi, un échantillon de sang qui servira de base à de possibles contrôles inopinés : toute anomalie sur ce test déclenchera un ciblage, donc un contrôle au moins durant le Tour. A ce socle, viendront s'ajouter les quatre à six contrôles traditionnels de l'arrivée d'étape, complétés parfois d'inopinés.

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