Informateur

Leterme face à la fête flamande

Le plombier Dehaene pourrait jouer quelques jours avant de céder sa place au garagiste Leterme. Le constructeur Reynders est quasi prêt.

Deux heures et demie chez le Roi. L'infor mateur, Didier Reynders, une fois encore, a eu une très longue discussion avec le souverain. Il a dressé, selon son expression, l'état des lieux de «la Maison Belgique». Une maison dans laquelle il manque des escaliers. Voilà la ligne de force du rapport, a-t-on pu comprendre.

La semaine passée, déjà, l'informateur soulignait que nombre de ses interlocuteurs avaient évoqué une insuffisance dans la coordination entre niveaux de pouvoir. Une façon pour l'informateur, l'air de rien, d'aborder l'institutionnel sans faire du communautaire. Avec des «synergies» que les flamands traduisent (dans leur langue qui n'est pas la nôtre) par des «transferts de compétences».

Didier Reynders devrait prôner une politique de coordination entre les entités fédérées. Par exemple, un Sénat réformé où les différents niveaux de pouvoir devraient se cordonner. Une idée chère à l'ancien Premier ministre, Guy Verhofstadt.

Les collaborateurs de Reynders se pressent d'écrire tout cela. Il faut notifier les revendications des 450 invités de Didier Reynders et tirer les conclusions. En principe, le rapport doit servir de base à un accord de gouvernement. Au moins pour le socio-économique. «Je n'en crois rien. L'informateur a fait un sas de décompression pour tout le monde. Mais on est toujours au stade zéro», nous a confié un observateur, particulièrement dubitatif. Les caucus, genre «cigares du pharaon» entre oranges et bleus seraient une illusion.

Résultat? Ils sont trois et demi à bord de l'orange bleue. Le cdH de Joëlle Milquet estime manquer de biscuits pour juger du bien-fondé de cette coalition chrétienne-libérale. Le gouvernement Leterme-Reynders est donc toujours au garage. Et il va falloir un fameux bricoleur pour faire rugir le moteur.

Qui? Petite crise existentielle pour Yves Leterme, premier ministrable en diable. Y aller maintenant, c'est risquer de se griller : le fruit n'est pas mûr, c'est sûr. Ne pas y aller, c'est risquer d'être traité de notaire de gouvernement : récolter les fruits du travail d'autrui, c'est petit.

Solution : envoyer Jean-Luc Dehaene, son mythe et son savoir-faire pour une exploration express. Quelques jours, pour aplatir le terrain et frayer un début de chemin. Dehaene se concentrerait sur «la scission de l'arrondissement Bruxelles-Hal-Vilvorde» dont le rapport de Reynders ne pipe mot.

Mardi, 10 juillet, veille de la fête flamande, Leterme entrerait en scène. Son honneur serait sauf au moment où les lions rugiront. C'est une hypothèse. Mais, dit-on, Dehaene n'est pas forcément non plus l'homme le plus au fait de 2007. On verra ce que le Roi décidera. Entre-temps, présentation du rapport de l'informateur mercredi. Les conclusions de Didier Reynders seront éclairantes du stade où se tient la négociation. Nulle part, pour les uns. Bien entamée, pour les autres.

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