«MR 73» plonge dans le passé d' Olivier Marchal

Ex-policier, acteur, cinéaste, Olivier Marchal («36, Quai des Orfèvres») puise à nouveau dans ses souvenirs pour son prochain film, «MR 73».

«Je parle de ce qui m'a choqué dans ce boulot, de la grande solitude des flics.» Invité du Festival Simenon qui vient de se tenir aux Sables d'Olonne (France), le cinéaste Olivier Marchal captive son auditoire. L'homme a la tête d'un baroudeur et chaque mot qu'il lâche vaut son pesant de réalité. C'est que l'auteur de 36, quai des Orfèvres, le film choc mettant en scène Depardieu et Auteuil est encore dans toutes les mémoires. Et chacun sait qu'il est né de ces années passées par Marchal au sein de la police parisienne. C'est dans la boulangerie familiale que grandit la passion du jeune Olivier pour la police. Delon, Belmondo, Brasseur nourrissent ses rêves. Il passera 12 ans dans la police, d'abord à Versailles puis dans la brigade anti-terroriste de Paris.

C'est à nouveau dans son expérience policière qu'il a puisé le sujet de son prochain film MR 73 (sortie prévue en février 2008). «C'était en 1982, confie-t-il, dans les Yvelines. Un type a tué un homme puis torturé et violé sa femme toute la nuit avant de la tuer. Le tout sous les yeux d'une gamine de 12 ans qui s'était cachée en protégeant trois petits. J'avais 22 ans, c'était une affaire terrible, un choc énorme.»

Toutes les polices seront sur les dents, pendant trois semaines. Puis, le hasard. Marchal et un collègue repassent, en fin de journée, à la brigade territoriale. Un collègue y met justement un pot pour son départ à la retraite. «Un type à moitié bourré voit le portrait-robot du meurtrier, dressé par la gamine. Ça lui dit quelque chose. Il retrouve le mec dans ses archives, avec son numéro de sécu. On le coincera rapidement. Quand je pense qu'on avait hésité à repasser par la brigade ce jour-là!»

Il y a des choses que Marchal ne peut oublier. La gamine qui regarde à travers un petit trou pour reconnaître le criminel. Et puis surtout les retrouvailles avec la jeune femme, 25 ans plus tard. «Elle a connu l'alcool, l'hôpital psychiatrique mais elle s'en est sortie. Elle est mère de famille.» C'est cette histoire, la difficulté d'oublier quand on est flic que Marchal veut raconter. Comme une catharsis.

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