Devolder ne montrera pas son maillot sur le Tour

Stijn Devolder était l'homme en forme du moment. Rien d'étonnant à ce qu'il ait résisté seul dans les derniers kilomètres.

Dans l'atmosphère désormais pesante des derniers aveux de quelques tricheurs, ceux-là même qui scient depuis des années la branche sur laquelle ils étaient déjà en position instable, le championnat de Belgique de Renaix a permis d'assister à une jolie propagande pour le cyclisme. La joute annuelle, prélude au Tour de France, a donné lieu à une fantastique empoignade du début à la fin.

«Incroyable, avouait Marc Streel, qui n'alla pas jusqu'au bout, comme pratiquement les deux tiers du peloton. Dès les premiers mètres, c'était parti à fond. Pas de temps mort.»

«Et il n'y avait aucun endroit du circuit où on pouvait souffler», enchaînait Nico Mattan, lui aussi victime de la fougue des Cofidis, des Quick Step ou des Lotto.

Mais c'est bel et bien Stijn Devolder, qui, avec la Discovery, ne pouvait compter que sur deux équipiers, Meersman et Van Goolen, qui s'est montré le plus fort.

Par une puissance impressionnante, servie par un état de forme trois étoiles («Pour gagner ici, disait Gilbert, il fallait être à 100 %») et une dernière escalade de l'Hotondberg, principale difficulté du parcours, de derrière les fagots.

À ce moment, il restait une bonne dizaine de kilomètres avant la délivrance.

Devolder n'a jamais fléchi, résistant à un moment à deux poursuiteurs réputés, Leif Hoste et Rik Verbrugghe.

Fait étonnant, le successeur de Niko Eeckhout, qui a décroché hier le 7e succès de sa carrière, ne sera pas au départ du prochain Tour de France. Pour des raisons qu'il n'a jamais dissimulées : le troisième du Tour de Suisse ne veut pas y jouer les porteurs d'eau de Leipheimer ou de Popovych, donnant la préférence au Tour d'Espagne. Où il visera le podium. Chose évidemment possible, même si cette Vuelta ne se profile qu'en septembre. Mais soyons assurés que l'état de grace du nouveau champion de Belgique pourrait encore surgir en septembre, où se profilent aussi les championnats du monde de Stuttgart. On comprendrait mal que Carlo Bomans ne le prenne pas dans sa sélection.

Des Wallons dans le coup

Par ailleurs, au-delà de ce titre cent fois mérité, on se réjouit aussi de la bonne tenue des coureurs wallons.

Certes, Marichal et Detilloux ne sont pas allés au bout, mais ils se sont mis au service de Gilbert. On constate avec une satisfaction non dissimulée qu'Abakoumov, Kaisen, le revenant Brandt, Merckx et Verbrugghe se sont placés dans les vingt premières positions de ce championnat. Qui ne classe d'ailleurs que 41 coureurs. Preuve s'il en est que le circuit renaisien était tout, sauf une promenade de santé.

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