Les ouvriers d'Opel qui perdront leur emploi en 2008 ont obtenu des conditions sociales très favorables. Un accord critiqué par le patronat.

Les syndicats et la direction de l'usine Opel d'Anvers se sont accordés, samedi, après de longues négociations, sur un accord social pour les 1 681 travailleurs qui seront licenciés d'ici le printemps 2008. Les 1 160 travailleurs qui iront en prépension à partir de 50 ans pourront garder de 82 à 89 % de leur dernier salaire net. Pour ceux qui choisissent un départ volontaire, les indemnités de licenciement iront jusqu'à 144000 euros bruts.

Satisfaits, les syndicats ont, à l'issue des négociations, qualifié la solution intervenue de «très bon accord».

Ces derniers jours, les négociations ont été difficiles entre syndicats et direction. La difficulté portait sur les départs volontaires et les primes de départ. Les syndicats gardaient en mémoire les primes octroyés par VW Forest. Pour la direction, l'octroi de telles primes n'était pas à l'ordre du jour mais finalement celle-ci a décidé d'offrir des primes allant jusqu'à 144000 euros bruts.

«Immoral»

Concernant les prépensions, les négociations ont été moins ardues. Les contours principaux de l'accord avaient déjà été dessinés par les parties.

L'ancien patron de Volvo Gand, Peter Leyman, qui est depuis lors devenu député CD&V, a un avis très critique sur l'accord. Il parle d'un accord «presque immoral». S'exprimant, dimanche midi sur Radio 1, il a notamment déclaré : «Nous faisons tout pour laisser les gens travailler plus longtemps et on vient avec un tel accord. Avec une telle prime de licenciement, quel exemple donnons-nous au monde extérieur? Qui voudra encore investir dans nos entreprises? »

Le montant élevé des primes de départ accordées chez d'Opel à Anvers, après celles attribuées aux employés de VW Forest, est source d'inquiétude pour la Fédération des Entreprises de Belgique (FEB).

En février dernier, l'administrateur-délégué de la FEB, Rudi Thomaes, avait déjà dénoncé l'«évolution inquiétante» des primes accordées aux employés de VW Forest. «J'avais espéré que ce ne soit qu'un cas unique. Mais les primes d'Opel sont pour nous une raison d'être très inquiets», a poursuivi le responsable en évoquant «une menace» sur ce type d'activité en Belgique.

Même son de cloche du côté de la fédération sectorielle Agoria qui estime que des primes trop élevées nuisent à l'emploi en général et aux éventuels investissements étrangers, même si, à court terme, elles peuvent adoucir la détresse des travailleurs touchés par une restructuration. Petit bémol. Agoria a néanmoins souligné qu'elle se réjouissait de l'accord social dégagé à Opel Anvers.

Des critiques qui exaspèrent les organisations syndicales pour qui l'immoral réside dans la délocalisation. Ne peut-on se réjouir en effet de l'aboutissement d'un tel accord pour des travailleurs qui perdent leur emploi sans nécessité? Un tel accord incitera peut-être les patrons à éviter de provoquer des crises sociales quand la situation de leur entreprise ne le justifie pas, selon les organisations syndicales.

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