Conduire SAVE et sauver des vies d'enfants

L'association Parents d'Enfants Victimes de la Route lance sa charte SAVE , à signer par ceux qui sont prêts à faire de nos routes un espace partagé.

L'association Pare nts d'Enfants Victimes de la Route (PEVR) soutient les proches d'enfants et de jeunes (jusqu'à 24 ans) tués sur les routes. Aujourd'hui, elle passe à la vitesse supérieure, comme nous l'explique Sitto Can, responsable de projets.

Comment l'association est-elle née?

Sitto Can : Elle a été créée en 94-95 par un groupe de parents qui avaient perdu un enfant et qui, après ce décès, s'étaient trouvés face à une série de difficultés. Ils se sont dit que quelque chose n'allait pas.

Quel type de difficultés? Matérielles? Psychologiques?

Surtout psychologiques. Un frère qui souffre de voir les ambulanciers déposer les affaires de sa soeur morte devant la porte de la maison, sans un mot. Des parents qui souffrent de ne pas pouvoir prendre le corps de leur enfant une dernière fois dans leurs bras, parce que les policiers les empêchent de passer, pour préserver les lieux de l'accident. Je comprends la police, mais il faut aussi faire une place à la douleur des parents.

Quels sont les objectifs de PEVR?

La première idée, à la base de l'association, c'est l'entraide des familles. Par des gens qui ont subi la même chose et comprennent donc très bien ce qui se passe dans ces moments-là. Les 2e et 3e objectifs sont la sensibilisation et la prévention.

Quelles formes prend cette entraide?

On a mis sur pied des groupes de parole, assurés par des thérapeutes. Des week-ends thérapeutiques aussi. On organise des commémorations sur les lieux de l'accident. Où on peut placer un panneau SAVE, très discret, mais qui rappelle la mémoire de l'enfant tué et signale aussi aux usagers de la route qu'un jeune est mort à cet endroit. C'est aussi une forme de prévention.

Quel est l'accueil des autorités face à ces commémorations et à ces panneaux?

Au début, c'était difficile, parce que les autorités avaient peur pour l'image de leur localité, et craignaient que les panneaux distraient les automobilistes. Mais maintenant ces craintes s'estompent et l'accueil est plus favorable.

D'autres formes d'entraide?

On édite une brochure trimestrielle, et chaque année un calendrier commémoratif, qui comprend déjà malheureusement le nom de plus de 400 enfants et jeunes tués sur les routes.

Comment intervenez-vous pour mettre en oeuvre cette aide aux familles?

Soit les familles nous contactent. Soit les services d'assistance aux victimes nous proposent de prendre le relais. On alerte alors nos membres actifs de la région. Un parent, membre actif de PEVR, et la coordinatrice régionale, flamande ou francophone, rencontrent alors les proches, chez eux, pour leur expliquer et leur proposer notre aide.

Parfois il s'agira d'expliquer comment trouver un avocat. Parfois il faudra accompagner dans les démarches administratives. Parfois ce sera un soutien psychologique.

Pour sensibiliser et prévenir, que mettez-vous en place?

Notre campagne SAVE, par laquelle on propose aux gens de signer et de s'engager à respecter sept règles dans leur conduite sur la route, qu'ils soient piétons, cyclistes ou automobilistes. Elle a débuté mercredi (NDLR : lire ci-contre).

En Flandre, on a pu organiser des états généraux de l'accueil et de l'accompagnement des proches de victimes de la route. Qui ont débouché sur un rapport contenant 214 recommandations très concrètes. Le gouvernement flamand a d'ailleurs désigné un commissaire chargé de coordonner leur mise en oeuvre concrète.

On espère susciter les mêmes états généraux en partie francophone du pays.

Évidemment, notre espoir est qu'il n'y ait plus d'accidents. Mais s'il y en a, qu'au moins les proches des victimes ne soient pas eux-mêmes une deuxième fois victimes, par des difficultés qu'on pourrait leur éviter s'il y avait un meilleur accompagnement et une meilleure prise en compte de leur situation.

www.pevr.be

Nos dernières videos