Sœur Cécile de France en tournage

Cécile de France est méconnaissable en Sœur Sourire. Pas vraiment sexy… Elle rêvait d’interpréter le rôle de la nonne chantante. (Photo Jean-Claude Lother)

REPORTAGE VIDEO | Cécile de France chante "Dominique". Transformée en "Sœur Sourire", elle tourne actuellement à Liège, après Namur et Marche-les-Dames.

«Si je vois et j’entends encore un portable, gare! On libère le plateau et silence SVP.» À l’entrée du resto du Palais des Congrès de Liège, rebaptisé «Hôtel Saint-Gilles», une trentaine de figurants s’activent et se précipitent vers un taxi jaune immatriculé au Québec. Une jeune femme à lunettes, cheveux courts, manteau gris un peu sévère en sort. Rapidement, elle saisit une guitare dans le coffre tandis qu’un homme, également sorti de la voiture, la pousse vers l’entrée de l’hôtel. Pas de doute, cette jeune femme est une vedette. Et même une double vedette puisqu’il s’agit de Cécile de France mais aussi de… Sœur Sourire.

Tout le monde se souvient de Sœur Sourire et de son "Dominique-nique-nique", gros succès des années 60. Numéro un des hits américains pendant quatre semaines devant le King Presley lui-même! Depuis fin juillet, le réalisateur belge Stijn Coninx (Daens) redonne vie au destin (plutôt tragique) de cette jeune nonne bruxelloise. Avec, dans le rôle-titre, Cécile de France. Et ce n’est pas un hasard. «Pendant dix ans», nous confie Stijn Coninx entre deux prises de vue, «j’ai pensé à ce sujet mais j’ai refusé les différents projets. J’avais un peu peur. Puis j’ai rencontré Cécile de France et elle avait très envie de jouer ce rôle dans un film. C’était il y a un peu plus de cinq ans. S’il n’y avait pas eu notre rencontre, jamais ce film ne se serait fait.»

Mais le scénario de départ, Stijn Coninx ne le «sentait pas». «À partir du moment où Cécile et moi on s’est dit que c’était faisable, on est reparti de zéro. Mais il a quand même fallu plusieurs années pour que ça aboutisse. Il fallait que chacun soit disponible. Et c’est en mai dernier qu’on a finalement décidé d’y aller.»

Il faudra attendre la sortie (la date n’est pas encore fixée) de "Sœur Sourire", pour savoir pourquoi Cécile de France voulait tant incarner le rôle de la jeune nonne. «Je sais», explique Christine Pireaux des "Films de la Passerelle", la maison liégeoise qui coproduit le long-métrage, «beaucoup ne comprennent pas pourquoi elle refuse toute interview pendant le tournage. Mais elle a très peu de temps dans son planning pour ce tournage qui doit être terminé le 20 septembre. Et elle ne veut pas sortir de son rôle pour passer une partie de ce temps à parler du film. Mais elle nous a promis qu’au moment de la sortie, elle serait beaucoup plus disponible.»

En attendant, tous seraient bien passés à côté de la jeune actrice sans lui poser la moindre question tant elle est méconnaissable derrière ses grandes lunettes. La scène tournée ce mardi à Liège montre son arrivée dans un hôtel de Montréal où elle débute une tournée nord-américaine. «Je me base sur l’histoire de sœur Sourire», reprend Stijn Coninx, «mais on l’adapte aussi. Au moment de la scène que nous tournons, tout va bien pour elle. Elle a eu des problèmes en Belgique mais a rencontré un impresario qui lui fait croire qu’elle peut se relancer à Montréal.» Mais en quoi l’histoire d’une jeune femme au succès quand même éphémère fait-il encore rêver Stijn Coninx? «C’est une histoire qui parle d’amour. De la recherche de l’amour», termine le réalisateur, «c’est un thème éternel. À l’époque actuelle, cette jeune femme n’entrerait pas au couvent, elle partirait en Afrique avec MSF… Son histoire c’est celle des jeunes d’aujourd’hui.»

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