L'OTAN durcit le ton envers la Russie

(photo Reuters)

Les 26 pays de l'OTAN ont reproché ce mardi à la Russie de continuer à occuper une partie du territoire géorgien. Et ce en dépit des promesses de retrait faites par le président russe Dmitri Medvedev.

A l'issue d'une réunion d'urgence des chefs de la diplomatie alliés à Bruxelles, le secrétaire général de l'Alliance atlantique, Jaap de Hoop Scheffer, a affirmé que l''OTAN a décidé qu'elle ne pouvait continuer ses relations comme si de rien n'était avec la Russie en raison des actions de Moscou en Géorgie.

Sans annoncer de mesure forte, les alliés ont toutefois pris le risque d'irriter encore davantage la Russie, avec laquelle les relations se sont tendues progressivement depuis plusieurs années. A Moscou, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a immédiatement prévenu que la position prise par l'OTAN allait avoir "des conséquences" dans ses relations avec la Russie qui va tirer "les conclusions qui s'imposent".

"Nous appelons la Russie à agir immédiatement pour retirer ses troupes des zones qu'elle est censée quitter en vertu de l'accord en six points" signés par les présidents russe Medvedev et géorgien Mikhaïl Saakachvili après une médiation de la France, présidente en exercice de l'Union européenne, souligne la déclaration adoptée par les ministres des 26.

Menaces

"Il est temps que le président russe tienne parole et qu'il retire les forces russes de Géorgie, pour revenir à la situation des 6-7 août", a déclaré pour sa part la secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice. Son homologue français, Bernard Kouchner, s'est lui aussi dit "très déçu" par l'absence de retrait russe à ce stade.

Mais l'OTAN s'est aussi voulue plus menaçante envers Moscou, affirmant qu'elle "étudie sérieusement les incidences de cette action de la Russie sur le Conseil OTAN-Russie", créé en 2002 pour réunir les anciens ennemis de la Guerre froide dans un forum de consultations. "Nous n'abandonnons pas le Conseil OTAN-Russie, mais tant que les forces russes occupent une large portion de la Géorgie, je ne peux imaginer de convoquer le Conseil à quelque niveau que ce soit", a expliqué de Hoop Scheffer.

De Gucht prudent

Tout en réaffirmant la souveraineté et l'intégrité territoriale de la Géorgie, l'OTAN a aussi offert à Tbilissi la création d'une commission OTAN-Géorgie - à l'image de celle qui existe déjà avec l'Ukraine -, pour superviser le rapprochement avec l'Alliance décidé lors du sommet atlantique d'avril dernier à Bucarest, avec la perspective d'une adhésion à terme. Les dirigeants alliés s'étaient alors engagés à admettre à terme l'Ukraine et la Géorgie, ex-républiques soviétiques, dans leurs rangs mais sans réussir à se mettre d'accord sur leur accès immédiat au Plan d'action en vue de l'adhésion. Cette question doit être réexaminée en décembre par les ministres des Affaires étrangères des 26.

Le ministre belge des Affaires étrangères, Karel De Gucht, s'est toutefois voulu prudent sur la décision qui sera alors prise. Selon lui, l'intervention du président Saakachvili en Ossétie du Sud démontre que les autorités géorgiennes "ne sont pas toujours très contrôlables". "Et la prévisibilité du comportement d'un pays est un élément important", a-t-il souligné.

Soutien à la Géorgie

Entre-temps, l'OTAN va soutenir la Géorgie dans un certain nombre de demandes qu'elle avait formulées la semaine dernière à la suite du conflit, comme l'envoi dans les prochains jours d'une équipe d'une quinzaine d'experts spécialisés dans les situations de crise pour évaluer les dommages infligés aux infrastructures civiles géorgiennes par le conflit avec la Russie.

Avec Belga