À 17 ans, le jeune Espagnol est promis par les observateurs à un très grand avenir. Les stars ibériques le couvent à Pékin.

Il n'a que 17 ans, mais certains l'appellent déjà le Magic Johnson blanc : Ricky Rubio, qui dispute le tournoi olympique de basket avec l'Espagne, est un phénomène à préserver coûte que coûte. Avec sa tignasse noire, son regard espiègle, son physique fluet et son nom de crooner, il ressemble à une idole des jeunes sortie tout droit de la Star Academy. Sauf que Ricky ne joue pas de la guitare. Mais au ballon et cela mieux que quiconque de son âge, ce qui en fait une vedette déjà presque inaccessible.

En dehors des conférences de presse insipides, il est impossible de mettre la main sur lui. Ses parents lui ont interdit toute interview jusqu'à sa majorité. Aito Garcia, son entraîneur à Badalone et en sélection nationale, fait également tout pour le préserver de la folie qui s'est emparé de l'Espagne depuis une finale du Championnat du monde cadets en 2006 où Rubio a rendu une feuille de stats d'un autre monde : 51 points, 24 rebonds et 12 passes!

À Pékin, il est évidemment loin de tourner à ces moyennes (5 pts, 2,8 rbds, 3,2 pd), noyé dans la masse d'une équipe championne du monde qui compte bien d'autres atouts. Mais à 17 ans, le plus jeune joueur à avoir jamais porté le maillot espagnol ne fait pas non plus dans l'anonyme. Ainsi, Aito Garcia n'a pas hésité à lui confier la responsabilité du dernier shoot lors de la fin du match entre l'Espagne et la Chine.

Des débuts en Liga à 14 ans!

Aujourd'hui encore, Rubio, qui a commencé à jouer en D1 espagnole à 14 ans, possède un gabarit plutôt frêle (1,90 m, 78 kg). Mais sa vista, son coup d'oeil, son sens de la passe et de l'interception sidèrent. Surtout, il n'a peur de rien, même si ses adversaires ont souvent le double de son âge. Allant défier sans réserve les hommes à barbe.

Tous les joueurs qui l'ont rencontré au tournoi olympique n'en reviennent pas, à l'image de Kobe Bryant. «Il est si jeune! Il m'impressionne». «On dirait qu'il a douze ans, mais il joue comme un homme», s'incline Dirk Nowitzki. «Le ciel est sa limite», complète Jason Kidd.

Face à ces éloges, le prodige se contente de répondre que «les arbitres sifflent la même chose si t'as 17 ou 28 ans». Mais même son «grand frère» au sein de la sélection, Rudy Fernandez, est dithyrambique : «Il est jeune, mais c'est déjà une grande star. Il apprend très vite, car c'est quelqu'un de mature et d'intelligent. Dans deux ans il sera le meilleur joueur espagnol».

«J'étais à des années-lumière de son niveau quand j'avais 17 ans», confirme l'actuel N.1 Pau Gasol qui, comme tous les champions du monde, a tissé un véritable cocon autour de Rubio.

«C'est encore un gosse, il appelle son père après chaque match», rappelle Fernandez, son ancien coéquipier à Badalone qui s'apprête à faire le grand saut en NBA la saison prochaine. Une destinée qui est également promise à Rubio car de l'autre côté de l'Atlantique on frétille déjà. Rubio est annoncé en tête de la draft 2010.