ATHLETISME 400 METRES

L'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt

Superbe 3 sur 3, hier, pour Kevin et Jonathan Borlée ainsi que Cédric Van Branteghem, qualifiés pour les demi-finales du 400 m de ce mardi.

Vous ne résumerez plus jamais un 400 mètres à une simple quarantaine de secondes quand vous aurez lu ceci. Car sans même parler des années d'efforts et d'entraînement que nécessite le tour de piste (la pire des distances car courue à fond comme un sprint, mais longue comme une petite endurance), on évoquera juste ici l'entrée en lice des jumeaux Borlée et de Cédric Van Branteghem, hier. Des débuts dont le trio se souviendra. Et pas seulement parce qu'ils furent couronnés de succès, les trois gaillards se qualifiant pour les demi-finales de ce mardi (15 h 45 belges), mais parce que les circonstances ne prêtaient pas à l'exploit.

«Les séries débutant à 9h, le réveil était programmé à l'aube, À 5h du matin pour Kevin qui courait à 9h, vers 5h30 pour Jonathan et Cédric qui s'alignaient une demi-heure plus tard, explique Jacques Borlée, le père des frangins et le coach du 4 x 400. Il faut bien 4h, en effet, pour que tous les membres soient réveillés et le corps prêt à une course pareille. À tour de rôle, sitôt levés, ils sont donc partis pour un footing léger, des étirements, etc. histoire de chauffer la machine, la faire monter en température. Puis retour vers 6h pour un petit-déjeuner - vraiment mini vu le stress - pour faire le plein d'énergie».

Debout à 5h du matin pour 40 secondes de course! Mais quelle course! Parfaitement affûtés et peu impressionnés par leurs débuts olympiques dans un «Nid d'oiseau» comble - et qui allait retomber de haut peu après avec l'affaire Liu Xiang - , les frères bruxellois et le Gantois allaient tous trois se qualifier pour les demis, Van Branteghem via la 3e place de sa série et les Borlée repêchés parce que parmi les trois meilleurs 4es. Un superbe 3 sur 3 qui place la Belgique à hauteur des prestigieuses USA en nombre de demi-finalistes. Mieux : il y aura ce mardi trois Belges sur sept Européens en demis! «C'est fantastique, se réjouissait Jacques Borlée, pensant à ses fistons. Savoir gérer à 20 ans, trois jours de folie avec l'arrivée au Village et toute l'excitation que cela sous-entend, le stress de débuts olympiques, un horaire inhabituel, et être capable de se sublimer à 9h du matin : chapeau!».

Y a-t-il danger pour le 4 x 400 de les voir laisser des forces là?

«Non, je n'ai pas peur que ces courses individuelles les émoussent pour le relais de la fin de semaine, au contraire: ils auraient perdu beaucoup plus d'influx en restant à regarder les autres. Cela devrait les booster et si les conditions s'y prêtent, je m'attends même à ce qu'ils éclatent leur record ce mardi».