Renaix en a marre des facilités!

Les facilités nuisent à l'essor de Renaix, estime le bourgmestre Luc Dupont (à droite). (photo EdA)

INFO LE COURRIER | Le bourgmestre CD&V de Renaix ne veut plus des facilités linguistiques dans sa ville. Elles attirent trop de francophones!

Les Renaisiens représentent 75 % des habitants de communes flamandes à facilités. La cité des Bommels a donc son mot à dire dans le débat communautaire, estime son bourgmestre CD&V, Luc Dupont.

À l'occasion de la fête de la Communauté flamande, le 11 juillet, il a écrit au Premier Ministre Yves Leterme pour lui demander ni plus ni moins que la suppression des facilités pour sa commune. Parce que ce système «coûteux» nuit «à l'essor et au développement de notre ville» estime le mayeur.

«Les facilités nous ont empêchés de fusionner avec d'autres communes. Notre zone de police est monocommunale, vu que nos messages destinés à la population doivent être donnés dans les deux langues », argumente Luc Dupont, pour qui le statut linguistique particulier de sa ville lui a fait manquer des opportunités, comme lorsqu'il a fallu choisir où implanter les sièges d'intercommunales.

«Le personnel de la ville, du CPAS, de la police, doit passer un examen de français à cause duquel des candidats très valables sont régulièrement évincés», ajoute-t-il. Des enseignants des écoles fondamentales sont également floués : tant qu'ils ne réussissent pas l'examen de langue française, ils ne peuvent être nommés.

Trop de Bruxellois immigrés!

Le dernier argument est «ethnique» : «les facilités sont responsables de l'arrivée de nombreux Bruxellois francophones d'origine allochtone, attirés entre autres par l'enseignement primaire francophone qui prépare de manière insuffisante à des humanités en néerlandais. À défaut d'une connaissance suffisante du néerlandais, ils n'obtiennent donc pas leur diplôme et ne trouvent pas de boulot ici. Notre taux de chômage (11 %) est l'un des plus élevés de Flandre.»

Le wooncode flamand - selon lequel tout candidat à un logement social en Flandre doit connaître ou apprendre le néerlandais - n'est enfin pas applicable dans les communes à facilités. Ainsi, les francophones «seront drainés des communes avoisinantes vers Renaix». Ah, c'était donc ça?

P.W.

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