Ricco dopé: "Bien qu'on se débarrasse de lui"

(photo Belga)

REACTIONS | Le peleton du Tour de France a globalement bien accueilli le contrôle positif à l'EPO de Ricardo Ricco. "Inconscience", "égoïsme", les mots sont parfois durs.

+ Pas une surprise pour Didier Malempré, notre envoyé spécial:

+ Patrick Lefevere a perdu l'appétit en apprenant la nouvelle:

+ Gilles Goetghebuer, rédacteur en chef de "Sport et vie" et spécialiste des questions sur le dopage:

Eric Boyer (manager de Cofidis): "Ce qui est dommage, c'est que certains coureurs ne sachent pas faire du vélo autrement (qu'en se dopant). On a encore des types qui n'ont pas de conscience, qui pensent être plus forts que les autres, qui sont arrogants. Tout ça me navre. Il ne faut plus qu'ils reviennent, qu'ils soient dans le peloton. Ils n'ont plus le droit de pratiquer le métier de coureur cycliste qu'ils ont sali au plus haut point, malgré tous les avertissementes, les mises en garde. C'est le troisième cas, et j'espère qu'il n'y en aura pas plus. En même temps, ce n'est pas beaucoup par rapport à 180 coureurs. On voit bien que c'est une toute petite minorité, une petite poche. (à propos de Ricco) Quand on a gagné deux étapes sur le Tour, quand l'on est un leader, un coureur emblématique des futures années, on a la responsabilité de l'image véhiculée, des espoirs fondés notamment au niveau du cyclisme italien. C'est de l'inconscience!"

Jean-René Bernaudeau (manager de Bouygues Telecom): "Ce n'est pas un problème d'âge, c'est un problème d'éducation. Voilà un coureur qui vient voler la gloire, les résultats, qui vient se moquer de tout le monde. Bravo à l'AFLD, à ceux qui font les contrôles. Tout ne s'écroule pas, bien au contraire. C'est une première. La lutte antidopage est faite par des gens nouveaux, indépendants. (sur la responsabilité de l'équipe) Il y a faute des managers. Il faut dire au coureurs: 'vous êtes dans la plus grande course du monde, vous avez le devoir de faire du bien aux jeunes, de dire aux gens de croire dans le cyclisme.' En face de nous, on a des égoïstes qui se moquent de nous. Qu'on puisse les prendre, c'est une très bonne nouvelle. Qu'on les prenne, qu'on les 'cuisine' bien, qu'on leur demande comment ils font."

Vincent Lavenu (manageur d'AG2R): "Je ne sais pas s'il faut le prendre comme une mauvaise ou une bonne nouvelle. En tout cas, c'est une purge et comme toutes les purges, ça fait mal. Mais cela va aussi faire du bien à notre sport. Il faut assumer la contre-image que ça fait au cyclisme. Il ne faut pas être abattu ou désespéré. Chez les directeurs sportifs, nous sommes nombreux à croire en l'avenir de notre sport. C'est cette peur du gendarme qui fera que les coureurs arrêteront de tricher. Ricco était quelqu'un de très controversé. Les coureurs ne sont pas des naïfs, ils se posent souvent des questions sur certains exploits. Je tire mon chapeau à l'AFLD et à l'organisation du Tour de France. (Sur le fait de savoir si son coureur Vladimir Efimkin va récupérer la victoire dans la 9e étape) Nous n'en sommes pas là, mais c'est un tricheur qui lui a volé la victoire."

Stuart O'Grady (coureur, CSC): "On doit tout recommencer. Je ne comprends toujours pas pourquoi il y a des coureurs qui continuent à mettre leur sport en danger. Combien d'avertissements faudra-t-il avoir avant que ces gens comprennent? Pour moi, on doit les interdire à vie. Ils peuvent aller travailler ailleurs, faire n'importe quel métier, au lieu de pourrir le vélo..."

David Millar (coureur, Garmin): "C'est bien qu'on se débarrasse de lui. Ca me fait penser que rien n'a changé, que c'est comme avant. L'image du vélo est foutue ! (sur les soupçons à l'encontre de Ricco) En général, quand on voit des choses incroyables, c'est parce qu'elles ne sont pas vraies. C'est la triste vérité."

Frank Schleck (coureur, CSC): "Qu'il soit renvoyé chez lui, ça montre que les contrôles fonctionnent."