Belle chronique, ces  vacances de Clémence

De nombreuses femmes vont se reconnaître dans le personnage de Clémence. Pendant que son homme travaille dur, elle s'occupe du foyer.

Dans la France présoixante-huitarde, Clémence, 26 ans, s'ennuie. Coincée dans son HLM, entre mari et enfants, elle mène une existence de femme au foyer peu exaltante. Gérard son mari, ouvrier fraiseur, est persuadé de faire son bonheur en lui offrant les derniers appareils électroménagers à la mode et bientôt une voiture. Clémence aspire à autre chose sans trop savoir quoi jusqu'au jour où elle rencontre, dans une réunion de planning familial, Jérôme, un prof de philo qui prône la liberté et l'égalité au sein du couple...

Avec les vacances de Clémence, Michel Andrieu nous plonge dans une époque pas si lointaine que ça. Il la restitue avec sobriété et efficacité. En 1967, les écoles ne sont pas mixtes, la contraception vient d'être légalisée et les femmes ont à peine acquis le droit de travailler sans l'autorisation de leur mari. Dans cette chronique touchante, Clémence incarne le désir impérieux de toutes ces femmes qui aspiraient à une autre vie, caressaient, entre doutes et espoirs, l'utopie d'une liberté totale.

«Cette période représente l'essor de la production de masse. Avec ses machines ménagères, l'industrie propose désormais un rêve d'émancipation dont s'emparent les femmes pour remettre progressivement en cause leurs conditions de vie. Le féminisme n'est pas un phénomène totalement nouveau en 1967, mais un mouvement naissant affirme désormais un besoin et un désir forts de liberté face à l'oppression masculine. On est à un tournant. Le personnage de Clémence va prendre ce virage-là. Elle quitte le confort d'une situation où elle est bien - du moins le croit-elle - pour aller vers le danger, le risque, l'inconnu», explique le réalisateur Michel Andrieu.

Son film distille une part de mystère. L'histoire avance et se dévoile peu à peu. Ça commence par une famille qui reçoit une machine à laver...

France 2, 20.50