Suspendu 3 mois pour avoir bravé le décret Arena

(photo EdA)

FORUM | Le conseil communal de la Ville de Bruxelles a décidé lundi soir de suspendre pour trois mois avec retrait partiel du salaire (50pc), le préfet du Lycée Emile Jacqmain, Eric Deguide. Le repproche: avoir bravé le décret inscriptions de l'ex-ministre-présidente de la Communauté française Marie Arena.

Ce décret entré en vigueur le 15 novembre 2007 interdit les listes de pré-inscription d'élèves. Il avait donné lieu à de longues files d'attente devant quelques établissements scolaires, à la fin du mois de novembre dernier.

Le préfet du lycée Jacqmain avait maintenu la liste de pré-inscriptions d'élèves pour le secondaire qu'il avait ouverte en septembre. Accompagné de son avocat, il a présenté son acte de défense, en début de séance du conseil. Il risquait la rétrogradation pure et simple.

Les arguments : désordre devant les écoles, instructions contradictoires,...

Son avocat a notamment argué de la situation de désordre devant le lycée, au soir du 29 novembre, d'instructions contradictoires des autorités et de l'absence du préfet, à 18h30, lorsque l'échevine de l'instruction publique a décidé de faire ouvrir les portes de l'établissement pour y héberger les parents en attente.

Parmi d'autres arguments, il a également soutenu que le préfet avait voulu conserver la confiance des parents venus inscrire leur enfant sur une liste avant l'adoption du décret.

200 à 300 sympathisants venus soutenir le préfet

Le débat sur la sanction disciplinaire s'est tenu à huis clos durant plus de deux heures. A l'issue du vote de la sanction disciplinaire, à majorité contre opposition (MR et Ecolo), le malaise entre les ailes PS et cdH de la majorité, également au gouvernail à la Communauté française, était perceptible, chacun tentant d'imputer à l'autre la tentation première de procéder à une rétrogradation pure et simple du préfet.

En quittant les lieux, le préfet, applaudi par les quelque 200 à 300 sympathisants venus le soutenir à l'Hôtel de Ville s'est montré plutôt soulagé par la mesure prise à son encontre. Comme son avocat, il a toutefois fait part de son souhait de prendre le temps de la réflexion avant de décider d'introduire ou non un recours contre la décision prise lundi.

Il y a deux semaines, le conseil communal de la Ville de Bruxelles avait accepté de reporter de deux semaines l'examen de l'opportunité ou non de sanctionner le préfet. Une pétition de soutien à Eric Deguide a été signée par plus de 4000 personnes sur Internet.

Avec Belga