Le Standard forte tête

Onyewu avait délivré Sclessin. Espinoza, lui, a enchaîné son troisième match consécutif sans encaisser. (photo Belga)

Alors qu'il doit se rendre à Lokeren vendredi , où iln'a plus gagnédepuis10ans, le Standard est devenu un spécialiste des succès au caractère.

Depuis trois semaines que le Standard domine la D1 belge dans les chiffres, avec un avantage d'au moins sept points, Michel Preud'homme répète: «Chaque adversaire qu'on va rencontrer voudra nous faire tomber.» Parce que ses Rouches sont premiers, mais surtout invaincus. Depuis trois semaines que le Standard a sept unités d'avance, il force aussi la décision en deuxième mi-temps (2-0contre Mons, 0-1 à Malines, 1-0 contre Mouscron), et doit plus ses succès à son caractère et sa gestion qu'à ses seules qualités étalées depuis près de sept mois. Le Standard joue moins bien mais gagne, voilà un argument de plus qui devrait lui valoir le titre.

Comme Bruges et Anderlecht, capables de forcer la décision dans un jour sans, les équipiers de Defour ont finalement fait sauter le verrou hurlu, dimanche. «Peu importe la manière, pourvu qu'on gagne», avait lancé le capitaine liégeois. À cinq matches du terme, la phrase est plus que jamais d'actualité, surtout à la vue du programme annoncé. Le déplacement à Lokeren, où le Standard n'a plus gagné depuis un peu plus de 10 ans (1-3, le 31janvier 1998), retient l'attention, et le souffle, des supporters liégeois. Lokeren présente surtout le profil «nul»: 13 partages en 29 rencontres. Le Standard ne se débrouille pas trop mal, avec dix matches nuls.

Alors, un partage vendredi? Les Rouches pourraient se contenter de cinq nuls jusqu'à la fin de la saison, pour autant qu'Anderlecht gagne tout d'ici au 10mai, y compris contre le FC Bruges. Pour un point le Standard serait champion. Il n'est pas certain toutefois que Michel Preud'homme et son groupe réfléchissent en ces termes.

Le 20avril contre Anderlecht, voire le 27 à Charleroi serait une belle date pour clôturer cette saison. Car plus le championnat va avancer, plus la pression va monter. Faut-il y voir un lien de cause à effet? Toujours est-il que le Standard, depuis qu'il a pris le large au niveau comptable, met plus de temps à marquer. Contre Mons, quand il avait l'occasion d'éloigner Bruges, il a subi le pressing des Dragons pendant la première période. À Malines, pour le retour de Steven Defour, la première demi-heure fut pénible. Puis quand le capitaine meneur de jeu revint dans l'axe, et Witsel à gauche, les choses allèrent mieux.

Facilité devenue laborieuse

Contre Mouscron, enfin, Defour et Witsel ont souvent permuté. Le deuxième avait débuté à gauche, comme avant la blessure du premier, mais il revint parfois dans l'axe, à charge pour Defour, qui a paru logiquement émoussé sur la fin, d'animer le flanc gauche. «Quand on ne parvient pas à tuer à un match, on s'expose aux contres», avait reconnu Preud'homme après le succès contre les Hurlus. Contre le G.Beerschot (1-2) en championnat puis Gand (2-2) en Coupe de Belgique, il était apparu comme une forme de facilité à concrétiser dès le premier quart d'heure.

Cette impression n'est plus nette, mais au final le Standard s'impose quand même. Alors, finalement, que ce soit en début ou en fin de match les Liégeois ne se plaindront pas, tant qu'ils gagnent.