L'enfant martyr dort sous l'autel des Passionistes

L'enfant martyr dort sous l'autel des Passionistes

(photo EdA)

NOTRE REPORTAGE VIDEO | Une rencontre avec l'enfant martyr d'Ere ne laisse personne indifférent. Tant ce «petit bout» de cire semble réel.


Si vous poussez la porte de la chapelle des Passionistes, à Ere, vous découvrirez non seulement d'extraordinaires décors à l'italienne mais aussi un curieux personnage de cire qui semble dormir sous le maître-autel. En l'observant de plus près, on ne peut s'empêcher de ressentir un profond malaise. L'enfant, âgé de 5 ans à peine, porte les stigmates des souffrances infligées il y a bien des siècles. Son nom s'inscrit en lettres d'or sur fond rouge: St Pie, enfant martyr.

L'histoire nous apprend que cet enfant a été persécuté, avec ses parents, durant les trois premiers siècles du christianisme.Ses restes, préservés dans les catacombes de Rome, sont enfermés dans un petit corps de cire criant de vérité. Symbole de toutes les infamies dont peuvent être victimes nos enfants. Les reliques sont confiées aux pères Passionistes qui installent un noviciat dans le château de la baronne de Croeser, à Ere, en 1841. Trois ans plus tard, ils entament, de leurs propres mains, la construction de la chapelle actuelle bénie en 1845. C'est le pape Pie IX qui leur confie l'enfant martyr. Lequel est, à l'époque, transféré en train depuis les catacombes de Rome jusqu'à la gare de Tournai. Porté en triomphe, le corps de cire est amené en cortège à Ere par des chrétiens, des représentants du clergé et les pères.

Le petit martyr est couché sous le maître hôtel où il repose toujours aujourd'hui malgré le départ, en 1995, des derniers pères vers leur maison courtraisienne. La tête, portant une couronne dorée, repose sur un oreiller brodé d'étoiles, dorées elles aussi. L'enfant, qui porte une robe bleue et des sandales de cuir, présente des traces de sang sur le cou et sur le visage. Il tient les yeux légèrement entrouverts et semble vous fixer lorsque vous le regardez. Il se passe rarement une journée sans que l'un ou l'autre fidèle vienne lui rendre hommage. Si l'on en croit le texte repris au dos d'une photo souvenir jadis disponible sur le site: «selon maints témoignages, bien des grâces et des guérisons ont toujours récompensé la prière confiante des chrétiens de partout».

Que l'on soit ou non croyant, une confrontation avec cet enfant de cire ne peut laisser indifférent. Et quelle que soit la divinité à laquelle s'adresserait votre prière, face à une telle expression de souffrance, elle ne pourrait sans doute se conclure que par ces termes: «plus jamais cela!».