Les membres de l'Arche de Zoé libérés

(photo Reuters)

Les six Français de l'Arche de Zoé ont été libérés dans la soirée.  Ces libérations interviennent quelques heures après la grace accordée par le président tchadien, trois mois après leur condamnation pour avoir tenté d'exfiltrer 103 enfants vers la France.

Les trois premiers à recouvrer la liberté ont été les logisticiens Dominique Aubry et Alain Péligat ainsi que le médecin Philippe van Winkelberg. Le président de l'association française Eric Breteau et sa compagne et assistante Emilie Lelouch, incarcérés près de Paris, ont été libérés dans la soirée, a-t-on appris de source judiciaire.

La levée d'écrou de l'infirmière Nadia Merimi, détenue dans un hôpital de la banlieue parisienne, a également été prononcée. Selon une source proche du dossier, elle devait toutefois rester hospitalisée. Elle avait été hospitalisée dès son retour en France en état d'épuisement.

La libération des six membres de l'association est intervenue quelques heures après leur grâce, par décret, du président tchadien Idriss Deby Itno. La grâce accordée par le président Deby concerne aussi l'intermédiaire tchadien Mahamat Dagot, condamné à quatre ans de prison pour "complicité", mais pas l'autre intermédiaire condamné à cette même peine, le Soudanais Souleïmane Ibrahim Adam, qui n'aurait pas formulé de demande de grâce.

Une autre mise en examen

Toutefois, les six Français n'en ont pas fini avec la justice puisqu'ils sont visés par une instruction menée à Paris pour "exercice illégal de l'activité d'intermédiaire en vue d'adoption", "aide au séjour irrégulier de mineurs étrangers en France" et "escroquerie".

Quatre d'entre eux, Eric Breteau, Emilie Lelouch, Philippe van Winkelberg, et Alain Péligat ont été mis en examen dans ce dossier. Nadia Merimi et Dominique Aubry ont été placés sous le statut de témoin assisté (à mi-chemin entre le statut de témoin et celui de mis en examen). Aucun des six Français n'a fait l'objet d'un placement en détention provisoire dans le volet français de l'affaire. La question des 4,12 milliards de francs CFA (6,3 millions d'euros) que les condamnés doivent toujours verser "solidairement" aux familles des 103 enfants reste également posée. Cette question "n'est pas concernée par la grâce", a insisté le gouvernement tchadien.

Condamnés le 26 décembre 2007 par la Cour criminelle de N'Djamena à huit ans de travaux forcés pour "tentative d'enlèvement d'enfants", les six Français avaient été incarcérés en France.Leur peine avait été adaptée en huit ans de prison. Les avocats des six membres avaient fait appel du jugement du tribunal de Créteil convertissant la peine tchadienne dans le droit français.

Avec Belga