Michel Fourniret s'impatiente

Parfaitement immobile, Michel Fourniret semble s'ennuyer tandis que Monique Olivier joue la discrétion. (photo Reuters)

REPORTAGE EN DIRECT DE NOTRE ENVOYE SPECIAL| Juste avant que le président Gilles Latapie ne leve l'audience de ce jeudi à 17h45, Michel Fourniret montre quelques signes d'impatience de plus en plus fréquents. L'Ogre des Ardennes Fourniret paraît toujours aussi indifférent alors qu'on passe en revue les tentatives de viol et la mort d'Elisabeth Brichet.


Il est 16h55 quand la cour d'assises des Ardennes entame la lecture des faits relatifs à la petite namuroise Elisabeth Brichet. Dans son box aux vitres blindées, Fourniret ne bronche pas dans un premier temps, puis au bout de quelques minutes, incline la tête de droite à gauche comme s'il n'était pas d'accord avec ce qui était dit.

Parfaitement immobile ce matin, le tueur en série présumé ne touche toujours pas à la bouteille d'eau qui lui a été déposée. Il semble s'ennuyer. Il tourne la tête, croise puis décroise les bras, porte une main à son visage... Fourniret semble fatigué par le spectacle de son procès. Il feint même de s'endormir par moments puis prend quelques notes sur le carnet qu'il griffonne depuis ce matin.

A deux mètres de lui, trois dessinateurs de presse lui tirent le portrait. L'un d'eux, Palix, nous a expliqué lors de l'interruption de 16h que Fourniret était "dans son rôle. Il se veut maître de lui. A un moment, nos regards se sont croisés. J'ai soutenu son regard glacial un instant puis j'ai baissé les yeux et poursuivi mon travail".

Les dessins de ce jeudi montrent un Fourniret  hautain qui garde le regard fixe devant lui.  A ses côtés, Monique Olivier est dans un autre registre. Elle joue la discrétion à l'extrême. Son regard est imprenable.

La cour d'assises poursuit la lecture de l'acte de mise en accusation. Fait par fait. Enlèvement par enlèvement. Viol par viol. Meurtre par meurtre. L'ambiance se fait lourde. La Cour, les avocats, les parties civiles, le public, la presse... Tous encaissent difficilement cette liste de l'abominable. Seules deux personnes ne semblent pas souffrir de la lecture: ceux qui connaissent peut-être mieux que quiconque les actes passés en revue cet après-midi... Il s'agit bien sûr de Michel Fourniret et de son épouse Monique Olivier.

A Charleville-Mézières,
Olivier Deheneffe