Un vaccin contre l'Ebola "d'ici 4 à 6 ans"

Les chercheurs ont découvert un vaccin qui fonctionnerait sur les singes. (photo Reuters)

Un vaccin contre la fièvre hémorragique virale Ebola pourrait voir le jour dans "quatre, cinq ou six ans". C'est ce qu'ont annoncé des scientifiques réunis de mercredi à vendredi à Libreville pour le quatrième congrès international sur les virus Ebola et Marburg.

"La technologie semble être là. C'est une question de temps. Maintenant, de là où nous sommes jusqu'au vaccin autorisé, cela peut prendre quatre, cinq, six ans", a souligné Thomas Geisbert, chercheur américain qui travaille sur le sujet.

Depuis la découverte des fièvres hémorragiques, "tout le monde voulait un vaccin. On a cherché, cherché, échoué, échoué... et finalement en 2000, on a réussi à avoir des plate-formes qui marchaient", a expliqué le Dr Geisbert, un des spécialistes les plus réputés du domaine. "Le vaccin ne nécessite qu'une seule injection et avec cette seule injection sur un singe on peut ensuite le mettre en contact avec de très hautes doses d'Ebola. Il fonctionne un peu comme le vaccin antirabique (contre la rage): tu n'es pas vacciné, mais si tu es exposé on te vaccine comme traitement. Nous utilisons ce traitement avec les singes et cela marche très bien", a-t-il poursuivi.

"L'expérience m'a appris qu'il faut du temps pour passer de l'idée ou du concept que nous avons à une seringue remplie d'un vaccin" pour l'homme, a-t-il toutefois nuancé. "Il ne s'agit pas d'aller vacciner une population entière, mais on constate que les épidémies d'Ebola s'amplifient à travers les hôpitaux. Si on trouvait un vaccin, on pourrait le donner aux personnels soignants et aux gens qui interviennent en premier lieu. On pourrait faire beaucoup de bien simplement en arrêtant la maladie à ce moment-là".

Et le sida?

Quant aux éventuelles applications de ses recherches à d'autres maladies, aux virus "mutants" comme celui du VIH-sida, le Dr Geisbert s'interroge : "Ce sont des virus très différents. Je sais que le laboratoire pharmaceutique américain Wyeth travaille sur le même système que nous. Il pourrait y en avoir, mais je n'en sais rien".

Le congrès, qui se tient pour la première fois sur le continent africain, regroupe une centaine de spécialistes venant du monde entier. Il se concentre sur le virus Ebola qui est apparu pour la première fois en 1976 au Zaïre et au Soudan. Des épidémies sporadiques ont ensuite éclaté au Congo, au Gabon, en Côte d'Ivoire et en Ouganda. Les personnes touchées développent une fièvre hémorragique, pour laquelle il n'existe aucun traitement et qui tue dans 50 à 90% des cas.

La maladie de Marburg, qui porte le nom de la ville allemande où elle a été diagnostiquée pour la première fois dans un laboratoire en 1967, a quant à elle fait plusieurs dizaines de victimes en Afrique, avec des taux de mortalité dépassant 80%. La maladie se propage par contact avec les fluides corporels d'un malade et peut tuer une personne en bonne santé en une semaine, en causant diarrhées et vomissements suivis par des hémorragies internes, des symptômes proches des personnes atteintes du virus Ebola.

Avec Belga