Pas un regard pour les victimes

L'audience a repris à 14h37. (photo Belga)

REPORTAGE EN DIRECT DE NOTRE ENVOYE SPECIAL | La première séance du procès d'assises des époux Fourniret s'est achevée à midi précise. Michel Fourniret et Monique Olivier ont quitté la séance sans un regard pour les familles des victimes.


Comme on pouvait s'y attendre c'est un Michel Fourniret sûr de lui et sans aucune preuve extérieure de sensibilité qui s'est présenté devant la cour du président Latapie. L'homme, vêtu d'un pull bleu, n'a jamais daigné regarder d'autre personne que le président.

Les parties civiles étaient pourtant toutes présentes ce matin. Il ne manquait que les victimes mineures encore en vie: "Marie" (prénom d'emprunt) et Sandra Noirot. Côté belge, on a remarqué plusieurs proches d'Elisabeth Brichet: sa maman Madame Bouzet, son père et son frère Thomas.

Face-à-face

Pas un regard aux familles des victimes, pas un regard à son épouse Monique Olivier, pas un regard aux jurés, aux avocats ou au reste de la salle. Fourniret est resté de marbre une fois son face-à-face terminé avec le président (Voir note: Fourniret refuse de parler).

Les deux hommes se sont déjà affrontés ce matin. Fourniret refusant de répondre à ses questions en affirmant avec un écriteau "sans huis clos, bouche cousue". Mais au bout de quelques minutes d'audience seulement, le président Latapie a réussit à arracher quelques mots au principal accusé de ce procès lui demandant de s'expliquer sur la note que Fourniret faisait transmettre au président.

Le reste du temps, le tueur présumé n'a répondu que par des hochements de tête. Une fois sa présentation terminée, Fourniret s'est plongé dans le silence. Son attitude n'a pas surpris. Très calme, Fourniret prend sans arrêt des notes et transmet de temps à autre un papier à ses avocats. Il en a d'ailleurs laissé tomber un par terre, se cognant en le ramassant.

Monique Olivier résignée

De son côté, Monique Olivier a commencé le procès en chipant la vedette à son mari. La femme aux cheveux blancs arrivait en premier dans la salle jetant un froid. Monique Olivier a semblé impressionnée par les photographes et les caméras. Elles n'ose regarder personne. Son regard d'abord fixé au plafond puis au sol a finit par se poser devant elle. Elle prend un air absent. Résigné. Monique Olivier n'a eu à aucun moment de regard pour les bancs où ont pris place les familles des victimes.

Le silence de Fourniret et l'indifférence des époux est un nouvel affront pour toutes les victimes de l'ogre des Ardennes.

A Charleville-Mézières,
Olivier Deheneffe